Je me retourne brusquement et vois Bill derrière la porte.
Rose:Qu'est-ce que tu fais là toi?
Bill:Je suis venu récupérer les photos.
Rose:Tu perds ton temps Kaulitz, je ne te les donnerai jamais.
Bill:Il fallait bien que j'essaie... Calypso.
Je reste de marbre mais je sens mon coeur lâcher. Il vient de prononcer mon vrai prénom. Comment est-ce qu'il a fait pour le connaître?
Rose:Eh bah voilà, tu as essayé, alors maintenant tu dégages.
Il fait quelques pas vers la porte, ça y est, il se casse. Mais en fait non, fausse joie, il ferme la porte à clé et se dirige vers moi. Sa silhouette filiforme se détache des murs crème et ses cheveux noir corbeau glissent sur ses épaules.
Bill:Je sais tout sur toi Calypso, tout.
Rose:Mais oui bien sûr.
Il se rapproche un peu plus. Je suis obligée de lever la tête très haut pour pouvoir le regarder dans les yeux. Il doit faire dans les 1m85 ce type.
Bill:J'ai fais des recherches, Calypso, et je possède plein d'informations sur toi que personne d'autre ne connait.
Rose:Et alors?
Bill:Je pense que mon silence contre les photos ça serait un bon deal [rien ne vaut un bon deal mwahaha j'adore cette pub! XD.
Rose:Mais moi je m'en tape royalement des infos que tu as chéri. Qu'est-ce que ça peut me foutre que vous connaissiez mon passé?
Bill:Si tu as changé de nom c'est bien que tu avais quelque chose à cacher.
Rose:Bien que je n'aie pas à me justifier je vais te dire pourquoi j'ai changé de prénom. Tout simplement parce que je le trouvais plus beau que l'ancien.
Bill:Mais ouais c'est ça.
Rose:Eh ben vas-y, dis-moi ce que tu as trouvé de compromettant sur moi.
Bill:...
Rose:Tu vois, tu n'as rien contre moi.
Bill:Tu ne t'en sortiras pas comme ça.
Rose:Ben voyons.
Bill:On a ton chien.
Rose:Plus pour longtemps.
Bill:C'est ce que tu crois.
Rose:Maintenant tu te casse.
Bill:Comme si j'allais t'obéir!
Rose:Je te signale que si tu ne veux pas faire la une des magazines people demain avec en titre "Inceste, les twins se déchaînent" tu ferais mieux d'être un sage petit toutou avec moi.
Bill:Tu vas le payer sale vipère.
Rose:Mais ouais, aller dégage.
Le brun se dirige vers la porte, furax, et me lance un regard des plus noirs. Je réponds par une moue d'indifférence et il sort, en claquant la porte derrière lui.
Il m'a donné une idée celui-là. Je me connecte à mon ordi encore une fois (qu'est-ce que c'est utile cette invention) et rentre dans skyrock.
Je tape "tokyo hôtel" dans la barre de recherche "blog" et j'obtiens un machin qui me corrige "tokio hotel". Pourquoi ils l'écrivent avec un "i" ces cons? Et même pas d'accent circonflexe sur le "o".
Putain! Le nombre de blogs est impressionant... L'autre fois j'étais rentrée un peu dans wikipédia pour voir, mais j'avais eu un bug et une petite croix rouge en haut à gauche est apparue à la pace de l'image.
Je clique sur le premier blog que je vois et lis:
"Salu a toute lé fanes de th, je faii ce blog parceke je suii tro tro fan deu et surtou Biillou le meiilleure chanteure ke persone a jamé u et sa voii tro bien et iil é tro sex le mec"
Ok, j'ai même pas fini la première phrase que je clique sur la croix en haut à droite. Eh bah, si c'est ça qu'ils appellent des fans!
J'affine un peu ma recherche et tombe sur un blog écris sans trop de fautes d'orthographes et apparemment pas par une gamine hystérique.
J'observe la photo.
Putain de bordel de merde qu'est-ce que c'est que ça?!
On dirait que l'androgyne râté a regardé trop longtemps le roi lion et que finalement il a voulu devenir comme Simba! Nan mais franchement, il s'est planqué un hérisson sur la tête ou quoi? Le taux de gel et de laque qu'il a dû se foutre sur la gueule, j'ose même pas y penser!
Je lis un peu et je reste sidérée... comment toutes ces filles peuvent croire à de tels mensonges?
Alors selon ce que je viens de lire, Hérisson boy serait un espèce de puceau à fond dans le boulot bien gentil et qui ne se la ferme jamais.
Le poulpe est décrit comme un tombeur irrésistible, qui a au moins cinq meufs dans son lit même les soirs après les concerts, genre superman.
Gustav... oulàlà les infos se font rares! Mais en gros il disent qu'il faut pas se fier à son air bougon parce qu'il est adorable en réalité (c'est ça, et moi je suis la bonté incarnée), qu'il est très humble et réservé.
Et Georg, en résumé, serait un genre d'ours brun qui émerge juste quelques minutes par semaines pour les concerts et le sexe.
On dirait que c'est le porc-épic qui a le plus de fan, juste devant mister don juan.
Gusty semble être apprécié par certaines pour sa musculature (il fait de la batterie, c'est normal bande de tarées) et Georg a les fans les plus fidèles, bien que les moins nombreuses.
Quelle connerie, non mais je vous jure!
Un bruit agressif me tire de mes pensées meurtrières.
Shadow feule et crache comme un malade vers la porte.
Rose*en français*:Qu'est-ce que t'as boule de poils?
...*en allemand*:Tu parles toujours en français à tes animaux?
Rose:Oui, ils préfèrent.
...:En tout cas ton petit chat à l'air de ne pas trop m'apprécier.
Rose:C'est parce que tu as mis trop de parfum pour lui, tante Julia.
Julia:Oui, je sais que les animaux ont un sens de l'odorat très développé.
En fait, il ne faut pas avoir un odorat très perfectionné pour sentir son odeur. On sent son parfum Allure de Channel à 3 kilomètres à la ronde.
Julia:Où est ton petit chien? Il était mignon
Rose:Oh, Blackberry? Ne t'inquiète pas, il va bientôt revenir.
Julia:Tant mieux. Au fait, le médecin viendra te voir dans huit jours ici, pour contrôler tes... visions.
Rose:Ce ne sont pas des visions tante Julia, ce sont juste des illusions.
Julia:Si tu le dis, Rose. En tout cas, je suis contente que tu t'entendes mieux avec Gustav qu'avant ma chérie.
Rose:Moi aussi je suis contente tante Julia.
Julia:Je pense que c'est parce que vous avez mûris tous les deux.
Rose:Je pense aussi. Dis, j'aimerai te demander un truc...
Julia:Vas-y ma belle.
Rose:Qu'est-ce que tu penses de l'inceste?
Julia:Qu'est-ce que c'est que cette question?! Je enfin... je trouve que c'est contre-nature et complètement incompréhensible! Mais enfin Rose, pourquoi tu me demandes ça?
Rose:Oh pour rien, pour rien...
Ma tante sort, soupçonneuse, et je me lève pour ouvrir la fenêtre.
Elle abuse quand même, on dirait qu'elle a prit un bain d'Allure! D'accord c'est un parfum chic mais il ne faut pas pousser.
J'éteins mon ordi et m'écroule sur le lit.
C'est la que je remarque un sac que j'avais presque oublié. Le sac en papier où ce trouve ma dernière acquisition.
Je le prends et en extrais le livre. Aux premiers abords, il paraît assez ancien. Ce n'est pas un de ces livres fabriqués à la chaîne, mais plutôt un ouvrage unique, du genre de ceux conçus au moyen-âge.
J'observe la couverture couleur bois et passe mon index sur les lettres du titre qui sont légèrement en relief.
Après avoir regarder la reliure dorée j'ouvre le bouquin et fixe attentivement la première page. En général, elle est blanche mais là je peux voir une fine écriture noire. Tiens, c'est presque de la calligraphie. Je commence à lire.
"Les Anges font partie intégrante de votre vie, même si la plupart d'entre nous ne s'en rendent pas compte, et cela depuis la nuit des temps.
Des faits étranges se produisent sans que nous sachions leur trouver une explication valable pour tous.
Certains qualifient ces actions de surnaturelles, étant l'oeuvre d'un ou de plusieurs dieux, car il est plus facile pour eux de trouver une raison divine et d'y croire.
D'autres, ne possédant pas la foi, deviennent sceptiques et essayent de trouver une explication scientifique à tous ces phénomènes hors du commun.
Ce livre ne débattra en aucun cas des différentes croyances et ne dévoilera pas la vérité suprême pour la simple raison qu'elle dépend de chacun.
Vous trouverez par contre, dans cet ouvrage, une révélation sur l'existence d'êtres pures, communément appellés les "Anges".
Ces êtres sont consitués d'énergie complète, c'est-à-dire qu'elle n'est ni positive ni négative. Pourtant leurs actions tendent à aider l'être humain, dans leur majorité.
Au fil de cet ouvrage vous découvrirez les différentes sortes d'Anges, les différentes manières de repérerez leurs interventions dans ce monde et des informations sur les humains capables de communiquer avec eux".
C'est bizarre. Mais par contre, ça ne me semble pas invraisemblable, moi qui suis sceptique la plupart du temps.
Je ferme le livre, je verrais ça plus tard.
Me levant, je prends Shadow dans mes bras. D'une main je me hisse sur la fenêtre ouverte et m'assoie l'embrasure en bois. En ramenant mes jambes contre ma poitrine je caresse la boule de poils qui se blottit dans mes bras avec une force étonnante.
J'essaye d'oublier la scène dans la salle de bain mais je n'y arrive pas. ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas repensé à mon passé!
Mon enfance...
Un jour, Thierry m'a demandé pourquoi j'étais si froide, si distante. Il disait que ce n'était pas seulement à cause de la disparition de Shannen, qu'il y avait autre chose. Thierry a toujours été perspicace. Autre chose... c'est vrai qu'il y a autre chose, il y a même plein d'autres choses...
Je suis née 16 minutes avant Shannen, c'était marqué dans nos dossiers de l'assistance sociale. Comment a-t-on eu accès à nos dossiers? C'est simple, on a demandé à Chris, dont le père travaille dans cette agence, de nous les donner quelques temps.
C'est comme ça que l'on a pu modifié nos noms. 16 minutes qui ont fait de moi sa grande soeur. Je me suis tout pris à sa place, et je ne le regrette pas, je ne le regretterai jamais. Je ne me souviens pas de mes premières années, et je pense que c'est pareil pour tout le monde.
Mais vers mes cinq ans des souvenirs remontent.
Je me rappelle un petit studio et une odeur désagréable, que je qualifirai plus tard comme celle de la coke.
Je me souviens des locaux de l'assistance sociale. Une grande salle où marchait beaucoup de monde, avec des chaises en plastique jaune.
On changeait beaucoup de familles, mais à l'époque, je m'en fichais, tant que j'étais avec Shannen. Vers nos 8 ans on a débarqué dans une famille de malades.
Un père alcoolique, une catastrophe, c'était un vrai malade mental. Il me battait souvent et comme je défendais Shannen, je me suis pris tous ses coups à sa place. Mais bien sûr, je suis consciente que c'était la meilleure solution, la plus adéquate. N'empêche que ça laisse des séquelles.
Cet ivrogne était vraiment violent, je n'oublierai jamais tout ce qu'il m'a fait subir. C'est marrant la manière dont tout le monde me prend pour son souffre-douleur.
Et soudain je redeviens cette petite fille châtain que j'étais autrefois. La petite fille qui n'était déjà plus innocente et pourtant tellement fragile...
Projetée à terre, j'amortis le choc de mes mains mais mon poignet se foule dans la chute. J'essaie de me relever mais j'ai à peine le temps de me hisser sur mes genoux que je suis de nouveaux empoignée et projetée contre le mur. Par réflexe je place ma main devant mon crâne mais c'est mon poignet endolori qui prend le coup, ce qui m'arrache un cri de douleur.
Lui:Tu vas t'excuser sale petite garce!
Je le regarde, il est tellement grand! Mais je ne m'écraserai pas, je ne suis pas à sa merci. Et je réponds d'un ton étonnement calme et pourtant déterminé:
Rose:Non.
Il pousse un cri de rage et se précipite sur moi. Shannen crie et le supplie d'arrêter pendant qu'il me traîne vers la table et me force à m'agenouiller par-terre.
Lui:Excuse-toi maintenant, espèce de petite vipère!
Rose:Non.
Il saisit alors la cigarette à moitié entammée posée sur un cendrier et me l'écrase un peu en dessous de l'épaule droite. Je hurle, mes yeux s'embrument et Shannen se précipite. Alors ma tête cogne le bord de la table, je lutte pour ne pas partir mais c'est trop tard, je me sens déjà quitter cet affreux salon.
...:totalement inacceptable comme situation.
...:Oh ça va Robert, tu ne vas pas faire un infarctus non plus.
Robert:Mireille, tu savais que ce type est un salaud, et tu as envoyé ces gosses chez lui.
Mireille:Je n'avais pas le choix, c'était ou ça ou l'orphelinat.
Robert:Putain, à cause de ta connerie on risque d'avoir le juge d'aide à l'enfance à dos!
Mireille:Mais non, tu te biles pour rien, je vais calmer toute cette histoire.
Robert:La gamine est à l'hosto par notre faute, ça signifie qu'on va être démenés de nos fonctions.
Mireille:L'inspecteur craindrait-il la fin de sa carrière?
Robert:C'est ça, marre-toi, mais je te signale que tu pourras dire adieu à ton poste d'assistante sociale.
Mireille:Relax. On va camoufler toute cette affaire.
Robert:On fait comme ça. Arrange-toi pour envoyer les petites chez un couple de vieux à la campagne, ou je sais pas moi c'est ton job.
Mireille:Oui, on devra aussi demander à ...
La voix de ladite Mireille est coupée par le bruit d'une porte qui se ferme, m'empêchant d'entendre la suite de la conversation.
Shannen:Je pense qu'il vaut mieux que l'on n'entende pas la suite. L'autre malade est en détention provisoire pour l'instant et j'ai pu comprendre qu'ils vont le relâcher et étouffer l'affaire. Toi tu t'en sors avec seulement des bleus, une comotion bénine au cerveau, des égratinures superficielles et une brûlure au bras.
Je la regarde. Je sais se qu'elle ressent, malgré le fait de ne l'avoir moi-même jamais vécu.
Elle enrage d'impuissance. C'est moi l'aînée, celle qui protège, qui rassure. Elle, elle ne peut rien faire. Rien. Et ça la tue.
Rose:J'ai mal, tu crois qu'ils pourraient me donner un calmant?
Pour toute réponse ma jumelle se lève doucement, sans bruit et quitte la pièce, après avoir fait s'écraser sur le sol une goutte d'eau salée.
Gustav:Un problème la merdeuse?
Rose:A part ta présence écoeurante, non.
Gustav:Je viens te rendre ton cleb.
En effet, Blackberry est là, trotinnant gentilement dans la pièce, apporté par Gustav. Pauvre con, tu me déranges.
Rose:J'espère pour ta santé physique et morale que tu ne lui as rien fais.
Gustav:Tu peux dormir tranquille sale brune. Du moins pas vraiment tant que l'on n'aura pas récupérer les photos.
Rose:T'inquiète pas pour moi, j'ai le sommeil léger.
Gustav:Tu ne sais pas à quoi tu t'es frottée pauvre garce, tu vas le payer très cher.
Rose:J'en tremble d'avance.
Gustav:Moi, contrairement à toi, j'ai du pouvoir!
Rose:Mais moi, contrairement à toi, je n'ai rien à perdre.
Des regards noirs pleins de haine fusent des deux côtés, puis le blond dégage.
Quel connard pour une fois que j'étais en plein souvenir! Je pense tout le temps à Shannen mais j'ai décidé de foutre mon passé dans un coin de ma tête, de manière à ne plus réfléchir à tout ça... Si tout ce que j'avais vécu pouvais ressembler à ce que je viens de me remémorrer!
Un bruit bizarre retentit. C'est le vibreur de mon portable. Décidément je ne m'y habiturai jamais.
Vous avez 1 nouveau message.
Je ne connais pas ce numéro. Ne me dites pas que c'est encore une de ces saloperies de pubs à deux balles!
"Est-ce que ça va mieux? Appelle-moi dès que tu t'en sens la force.
Repose-toi bien.
Andréas."
Ah non, ce n'est pas une pub. Dommage.
Il m'énerve cet Andréas à être si gentil et si attentionné. Je lui recollerai volontiers une bonne gifle pour le secouer un peu. Il me fait penser à ces nounours en bonbons. Je les adore, mais j'adore encore plus leur arracher violemment leur petites têtes en gelée et les déchiqueter.
Calme-toi Rose, calme-toi, tu sais que la colère ça ne te réussit pas.
Pour ralentir mes ardeurs je décide de continuer à lire le mystérieux bouquin sur les Anges.
"Chapitre premier: Les catégories d'Anges.
On décerne aisément deux grandes catégories d'Anges.
Angels of the Shadows et Angels of the Light.
Il faut d'abord savoir que malgré leur noms évoquateurs, ces deux sortes d'êtres ne sont aucunement maléfiques. En effet, la première catégorie est chargée d'opérer sur Terre, tandis que la seconde agit dans l'au-delà."
I know that I am hanted to be wanted
I'll be watching
I'll be wating
In the shadows...
Rose:Allô.
Jo:Salut Rose.
Je me radoucis immédiatement.
Rose:Euh... salut.
Jo:Qu'est-ce qu'il y a, je te sens désemparée d'un coup.
Une excuse, vite une excuse.
Rose:C'est juste que je ne m'attendais pas à ce que tu m'appelles si tôt.
Jo:Ah oui, euh, en fait c'était juste pour te dire qu'une nouvelle librairie va ouvrir demain et que je suis censé ammener quelqu'un avec moi pour l'inauguration.
Respire Rose, respire.
Jo:...Et je me demandais si tu ne voulais pas m'accompagner vu que tu es à peu près la seule fille que je connaisse qui s'intéresse un temps soit peu aux livres.
Rose:...
Jo:Rose? Tu es là? Rose?
Rose:Oui, oui je suis là. C'est quand tu m'as dis?
Jo:Demain, à 22h30.
Rose:Alors ok, je n'ai rien de prévu.
Jo:Je viens te chercher à 22h10 donc.
Rose:Tu sais où j'habite?
Jo:Non mais tu vas me le dire.
Rose:C'est chez les Schäfer, tu connais?
Jo:Wolfgang Schäfer?
Rose:Oui.
Jo:Je crois qu'il vaudrait mieux qu'on se retrouve autre part.
Rose:Pourquoi?
Jo:Euh... les Schäfer ont la réputation d'être sévère en ce qui concerne les garçons qui viennent chez eux.
Rose:Je ne savais pas.
C'est pour ça que Mathias ne voulait pas rentrer alors.
Jo:A la vieille biblio alors?
Rose:Si jamais je retrouve où c'est, je viendrai.
Jo:Tu... tu es tombée sur la librairie par hasard?
Rose:Oui, pourquoi?
Jo:..
Rose:Allô?
Jo:Euh oui, alors où veux-tu qu'on se retrouve?
Rose:Je me démmerderai pour aller à The Old Tree.
Jo:Tu en es sure? Par ce froid?
Rose:T'inquiète.
Jo:Bon. A demain alors.
Rose:A demain Jo.
Waw! Il m'a appellée! Il m'a invitée! Le type sur qui je craque m'a invitée!
Une seconde. Je ne craque pas sur ce type.
Non.
Disons juste que je le trouve... intéressant. Oui, intéressant, c'est le mot.
TRES intéressant. Non Rose, ta gueule! JUSTE un tout petit peu intéressant. Voilà.
C'est ça, fous-toi de la gueule du monde.
Bon! J'arrête là le dialogue mental.
Je dois continuer ce livre soit-dit en passant, je ne vais jamais connaitre le fin mot de cette pseudo histoire d'anges sinon.
Mais non, mon téléphone sonne de nouveau.
D'un ton agressif je demande:
Rose:Quoi?
Mathias:Wo! Du calme la goth!
Rose:Ah c'est toi.
Mathias:Oui, ça te déçoit on dirait.
Rose:Terriblement! Tu ne te doutes même pas à quel point!
Mathias:Hahaha, très drôle, je suis écroulé de rire. Bref je viens de recevoir ton message, et...
Rose:Quel message?
Mathias:Le tien.
Rose:Tu ne m'éclaires pas plus là.
Mathias:Bah tu m'as laissé un message comme quoi je devais te rappeller, alors je te rappelle.
Rose:Ah ouais c'est vrai! J'ai appris qu'Andréas avait répondu, excuse-le, je ne voulais pas qu'il touche à mon portable.
Mathias:C'est bon, tant que ce n'est que lui.
Rose:J'ai besoin de te voir, il faut qu'on parle.
Mathias:Je m'attends au pire, ça va?
Rose:T'inquiète, c'est juste pour parler.
Mathias:Tu veux qu'on se retrouve dans un café?
Rose:Ok mais viens me chercher sinon je n'y arriverai jamais vu mon sens de l'orientation hyper développé...
Mathias:Prépare-toi alors j'arrive dans 5 minutes.
10 minutes plus tard je suis prête et descends l'attendre devant la porte.
Dans le couloir je rencontre Julia.
Julia:Où vas-tu Rose?
Rose:Là où m'emporte le vent.
Julia:Rose! Sois un peu sérieuse de temps en temps!
Rose:Si c'est pour devenir comme toi non merci.
La vieille en reste bouhe bée de stupéfaction. J'en profite pour me glisser dans l'entrée et sortir dans le froid tempêtant.
Mathias:Il était temps!
Rose:Mathias! Tu étais là? Tu aurais dû sonner ou du moins m'appeller.
Mathias:Je n'ai pas voulu te déranger.
Rose:Vu que je t'ai appellé pour qu'on fasse un truc ensemble, ça ne m'aurait pas vraiment dérangé.
Le concerné rougit légèrement et détourne les yeux.
Mathias:Mwai mais bon enfin bref... on va où?
Rose:A toi de voir, je ne connais rien dans ce bled pourri.
Mathias:Bon alors comme on s'est déjà fait remarqué dans le café où l'on s'est rencontré, on va aller squatter dans un autre, de toute manière il n'y a que ça ici, des cafés.
Il me fait un sourire timide auquel je ne réponds pas, évidemment. Par contre je saisis son bras et m'y cramponne.
Mathias:Euh... Rose?
Rose:Oui?
Mathias:Qu'est-ce que tu fais?
Rose:J'ai froid. Ce geste te dérange?
Mathias:Pas spécialement, mais tu sais ce que les gens vont penser s'ils nous voient bras-dessus bras-dessous?
Rose:Qu'est-ce que ça peut me foutre ce que les gens pensent?
Mathias:Si tu me connaissais mieux tu n'aimerais sûrement pas que les autres te voient avec moi.
Rose:C'est justement de ça que je voulais te parler.
Mathias:Ah oui?
Rose:Oui. On est bientôt arrivé?
Mathias:Encore deux rues et ça y est.
Quelques enjambées plus tard nous arrivons enfin dans ce café.
Après que la moitié des clients se soit retournée sur notre passage, nous allons nous installer au fond, dans le coin le plus isolé de toute la boutique. La table est installée contre la vitre donnant sur la rue, mais il commence à pleuvoir et on ne voit plus rien du tout. Je m'installe sur le banc qui se situe contre le mur du fond et Mathias s'assoie en face de moi, dos à la salle.
Rose:Tu aurais pu me dire que les Schäfer n'aiment pas voir des mecs chez eux!
Mathias:De quoi?
Serveuse:Bonjour. Qu'est-ce que je vous sers?
Putain elle n'arrive vraiment pas au bon moment elle!
Mathias:Pour moi ce sera un café-crème s'il vous plaît.
Rose:Et moi une bière pression, je vous remercie.
Serveuse:Excusez-moi mademoiselle, nous n'avons pas l'autorisation de servir de l'alcool aux mineurs.
Rose:ça fesait bien deux ans qu'on ne me l'avais pas sorti celle là! Donc selon vous, si je me teins les cheveux je suis une ado c'est cela?
Serveuse:Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.
Rose:Mais c'est pourtant ce que j'ai cru comprendre. Alors en plus d'être une adolescente puérile je suis aussi une attardée, c'est ce que vous insinuez?
Serveuse:Je vous assure que...
Rose:Non mais vous savez j'ai l'habitude d'être prise pour une conne, ce n'est pas nouveau.
Serveuse:Je m'excuse mademoiselle, je vous rapporte votre commande tout de suite ainsi qu'à vous monsieur.
La serveuse repart rouge de honte tandis que je reporte sans plus tarder mon attention sur mon bicolore préféré.
Rose:Tu disais?
Mathias:Ah euh... oui. Je ne comprends pas, les Schäfer ne sont pas strictes en ce qui concerne les mecs.
Rose:Pardon?
Mathias:Ils sont même très souples si tu veux mon avis.
Rose:Tu es sûr de toi?
Mathias:Ici tout se sait, tu peux me croire.
Alors comme ça Jo m'aurait menti? Bah dis donc, ça commence bien!
A ce moment là la serveuse apporte nos verres à Mathias et à moi. Je bois une très longue gorgée de bière sous le regard effrayé de monsieur je-sais-tout-sur-tout-le-monde-parce-que-j'habite-dans-un-village-plus-que-paumé.
Rose:Alors explique-moi pourquoi tu refuses d'entrer chez les Schäfer.
Mathias:Mais je ne refuse pas...
Rose:Bon ça suffit, on ne va pas tournez indéfiniment autour du pot.
Mathias:Je ne peux pas te le dire, tu me détesterais...
Rose:On ne va pas y passer la nuit non plus alors tu bouge ton joli petit cul et en vitesse!
Mathias*soupirant*:Pff... Si tu insistes... Bon alors, tu te souviens du mec devant Metallica?
Rose:Le type un peu punk là?
Mathias*amer*:Ouais, lui. Il fait parti d'une bande de "rebelles" qui se font appellés les "dangerous rebels" et menés par un certain Tobias. Le type que tu as vu c'est Connrad, un de ses sbires.
Rose:Oui et alors, quel rapport avec toi?
Mathias:J'y viens. Bon alors je t'ai dis que je viens de Hambourg mais j'ai démmenagé ici il y a plusieurs années déjà. Je ne suis apprécié que de trois ou quatre filles comme ami parce que j'ai la réputation d'être gay. Je n'ai rien contre les gays mais c'est super frustrant d'être pris pour ce que l'on n'est pas, tu saisis?
Rose:Tout à fait.
Mathias:Alors comme personne ne voulait s'approcher de moi, je me suis dis qu'il ne me restait plus qu'à essayer de rentrer dans ce groupe de soi-disant anarchistes qui ont des avis différents des autres, eux au moins ils sauraient qui je suis réellement. Mais ils m'ont déclarés qu'ils n'acceptaient pas les "tapettes" dans leur groupe et que je n'avais qu'à proposer ma candidature au village people du coin.
Rose:C'est ce qu'ils t'ont dit?
Mathias:Mot pour mot.
Je prends sa main posée près de sa tasse de café et lui la caresse doucement avec mon pouce. Son visage est baissé vers le sol et ses cheuveux lui couvrent tout son beau minois.
Rose:Aller, relève la tête.
Il s'exécute et je peux voir ses yeux humides me fixer en tremblant quelque peu.
Rose:Sèche tes larmes, un canon comme toi ça ne doit pas bousiller son magnifique visage!
Une perle transparente coule alors de son oeil droit et il m'avoue d'une voix tremblante et profondément blessée:
Mathias:Si tu savais l'enfer que je vis Rose, personne avec qui parler, personne avec qui échanger des délires, personne avec qui passer mes soirées, personne, jamais...
Rose:Je sais mon ange, je sais...
Après avoir essuyer sa larme avec ma main qui n'est pas occupée à faire de petits cercles sur le dos de la sienne, je lui écarte ses cheveux de son front.
Rose:Tu ne seras plus seul, plus jamais, je t'en fais la promesse.
Mathias:Ne dis pas ça, je m'attache trop vite aux gens, je ne pourrai pas m'en sortir si tu me laisses tomber.
Rose:Je ne te laisserai pas tomber, fais-moi confiance. Et ne pleure plus, ne laisse pas de parfaits imbéciles devenir les responsables de ton malheur.
Il me sourit et je réplique:
Rose:Bah tu vois que c'est mieux comme ça! Aller, viens on sort d'ici, on va marcher un peu, ça te fera du bien.

