...:Je vous dépose quelque part?
On se retourne toutes d'un même mouvement et on aperçoit Chris, un ami de longue date. Il est sorti avec Gaby il y a un an, mais ça s'est vite terminé. Ces deux là ne peuvent qu'être amis. C'est obligé.
Maintenant, ils sont très à l'aise quand ils se voient, c'est comme s'ils n'étaient jamais sortis ensemble.
Morgane:Oui, moi je veux bien.
Andréa:Comme ça on évitera de payer le taxi.
Gaby:Tant mieux, chuis un peu à sec ces temps-ci.
Rose:Comme d'hab, quoi.
On s'engouffre dans la Mercédès de Chris, je prends la place de devant.
Morgane:Merci Chris, tu nous dépannes.
Chris:De rien, de rien. Je vous dépose où?
Gaby:On va à la nouvelle boîte de nuit, la Dream Night [désolée pour les noms débiles et ringards, j'ai franchement pas envie de me casser le cul], celle qui est à la place de l'ancienne librairie.
Chris:C'est comme si vous y étiez.
J'allume la radio sur NRJ et hausse un peu le volume.
Gaby commence à parler, énergiquement. Elle est championne dans son genre, elle. Une fois qu'elle l'ouvre elle la ferme plus! Mais c'est ce qui fait son caractère si sympa, et on l'aime quand même!
Pour une fois, le bavardage de Gabriella va me servir à quelque chose.
J'attends une minute, pour que Morgane soit bien dans la conversation et me penche légèrement vers Chris:
Rose:Tu sais où est Thierry?
Le japonais secoue la tête.
Chris:J'ai essayé de l'appeller sur son portable mais il l'a éteint.
Je me mords la lèvre inférieure.
Et s'il la trompait vraiment?
Je suis peut-être froide mais il y a une seule chose qui peut m'atteindre: faire du mal aux gens que j'aime.
Comme ils ne sont pas nombreux je limite les risques.
5 personnes, 5 personnes qui constituent ma force et ma faiblesse. Les blesser c'est me blesser à moi aussi.
Shannen, Logan, Andréa, Gabriella, Morgane...
Ils disent que je suis surprotectrice.
Je ne vois pas pourquoi ça serait un défaut, je veux juste leur éviter de trop souffrir. Parce que, je ne le sais que trop bien, la douleur n'a pas de limites.
Elle va au-delà de l'imaginable, car la manière dont elle va se manifester est imprévisible.
On sous-estime souvent sa capacité à souffrir, c'est d'autant plus meurtrier.
Je me souviens d'une phrase que Shannen a dite un jour, après une violente séparation: "Je n'ai peut-être pas de pleurs, mais mon coeur meurt".
Je regarde dans le rétroviseur: Morgane sourit, mais ses yeux restent éteints.
Il y en a un qui va m'entendre...
20 minutes plus tard on arrive enfin.
Oulàlà! La queue s'étend jusque sur le trottoir!
La musique fait vibrer le sol, je peux le sentir.
Gaby:*o*
Andréa:Bordel... va nous falloir de la patience...
Rose:Alors là tu rêves! Si tu crois que je vais attendre bien sagement! Cours toujours et bois de l'eau fraîche! [mdr j'adore trop cette expression]
Morgane:C'est vrai que je vois mal Rose prendre sur elle.
C'est clair. Je suis quelqu'un de très impatient.
Sauf en ce qui concerne la vengeance... Tout à fait d'accord avec le proverbe qui dit "la vengeance est un plat qui se mange froid".
Morgane:En attendant, on va se les geler à rester là, alors je propose de faire comme on faisait avant.
Gaby:Avant quoi?
Morgane: -__-' Avant quand c'était encore une librairie, banane!
Andréa:Ah! Tu veux dire passer par la sortie de secours? Mais ils la surveillent sûrement.
Rose:Pas sûr. Cette boîte vient d'ouvrir, ils doivent être débordés.
Je marche vers l'étroit escalier en colimaçon, devancée par Morgane.
On atteint toutes le palier devant la porte noire, surmontée d'un indicateur vert et blanc "exit".
La blonde pousse le lourd battant mais:
Morgane:C'est fermé!
Gaby:Putain!
Rose:Et alors? Depuis quand c'est un problème?
Je prend une épingle dans la chevelure d'Andy (non sans m'être fait bien gueuler dessus par sa propriétaire) et m'accroupie.
Une minute et 16 secondes plus tard, je me redresse et pénètre dans le night club.
La première chose laquelle je pense est que c'est une réplique exacte du Bronze; la boîte de nuit dans Buffy contre les vampires.
Les lumières sont tamisées dans le bâtiment composé de deux étages.
L'étage du bas est spacieux et c'est là que se déroule l'action (c'est-à-dire la danse, la drague, l'abus d'alcool... pour ceux qui n'avaient pas compris).
Au contraire, l'étage du haut est une espèce de couloir qui regroupe les couples s'embrassant à pleine bouche et les personnes qui veulent rester seules.
On se trouve actuellement dans cet étage.
Gaby m'entraîne par le bras en direction d'un autre escalier, celui-ci conduisant au niveau inférieur. Andy nous attend déjà en bas, Morgane à côté d'elle.
Je jette un coup d'oeil aux alentours.
Un groupe de mec avec une batteuse se produisent sur la scène, du pop rock mélangé à du hard. Pas mal du tout, malgré le son assez cru; pas assez d'interventions de la basse.
Pendant que Gaby regarde la piste pour essayer de dénicher le plus beau mec et qu'Andréa discute avec Morgane à propos du groupe, je pars au bar nous chercher des boissons.
Les gens sont presque tous agglutinés sur la piste de danse, deux ou trois personnes seulement sont en train de passer leur commande.
Je m'apprête à faire de même quand je me stoppe dans mon élan.
J'ai pas l'air con, plantée ici comme une imbécile, à regarder le bar fixement.
Je me tourne lentement, et marche en direction de Morgane, restée au pied de l'escalier.
Je me poste devant elle, ce qui lui fait détacher son attention de la conversation qu'elle était en train de mener avec Andréa.
Rose:Regarde le barman.
Morgane:Hein?
Rose:Regarde-le je te dis!
Intriguée, Morgane dirige son regard sur le mec en question et là... c'est le bug!
Je me redresse légèrement et lui dit:
Rose:Eh bah tu vois qu'il te trompait pas.
Morgane a un sourire jusqu'aux oreilles.
Je la laisse et grimpe les escaliers. Je suis arrivée au bout du couloir et m'assois dans un coin.
D'ici je peux tout voir, entre autre Thierry amuser Morgane en jonglant avec des bouteilles. Mais je préfère me concentrer sur le groupe de rock qui joue un morceau mi-doux, mi-énergique.
Il n'y a plus de soucis à se faire, Thierry était en train de bosser tous ce temps. Mais j'irai quand même lui parler un peu plus tard, histoire de mettre les points sur les "i"...
Plongée dans mes pensées, je remarque à peine que la bande s'est arrêtée de jouer et qu'à présent, un autre groupe a prit sa place.
Quelques instants plus tard, je sens un parfum de cuir autour de moi et le banc sur lequel je suis assise s'alourdit quelque peu.
...:Tu veux un verre?
Je tourne la tête et regarde la personne à qui appartient cette voix grave et légèrement cassée.
Rose:Bois en d'abord.
...:Pour quoi faire?
Rose:Pour vérifier qu'il n'y a pas de drogue à l'intérieur.
...:Comme tu veux.
Le mec prend une gorgée devant moi et me dis:
...:Rassurée?
Rose:Oui.
Je prends le verre qu'il me tend et bois une gorgée à mon tour.
Je pose la coupe et regarde attentivement le mec.
C'est le guitariste du groupe qui vient de s'arrêter.
Des yeux marrons foncés, avec des tâches de lumière.
Une chevelure châtain sombre et quelques mèches qui tombent désinvoltement sur son visage.
Il doit mesurer environ 1m80, paraît ni mince ni en surpoids, juste ce qu'il faut. Je devine des pectoraux bien formés sous son pull noir.
Il porte un jean noir également, et un manteau de cuir dans les même tons, d'où l'odeur.
Ses habits contrastent avec son teint blanc et ses lèvres plutôt pâles.
Il me regarde avec une expression très calme. Ce type a ce que je recherche absolument chez un mec: de la classe.
En désignant son manteau d'un geste du front je demande:
Rose:C'est du vrai cuir?
...:Non, du synthétique.
Rose:C'est pour ça que l'odeur était si forte, le vrai n'a pas une senteur si puissante.
...:Toi tu portes un parfum de fleur, de rose je pense.
Je le regarde intensément. La plupart des gens n'arrivent pas à identifier mon parfum, d'ordinaire.
Rose:Oui, c'est mon prénom.
...:Rose... c'est très significatif comme nom. C'est ton vrai?
Je fixe le type, légèrement surprise. Il est si perspicace, j'ai jamais vu ça.
Rose:Non.
...:C'est quoi ton réel prénom alors?
Je hausse un peu le sourcil gauche et lui demande d'une voix mystérieuse:
Rose:Et toi, c'est quoi ton nom?
Il sourit et me regarde dans les yeux; il a comprit que je ne lui répondrai pas.
...:Alex.
Rose:C'est ton vrai?
Alex:Oui, mais c'est mon diminutif. Mon nom complet c'est Alexandre Benoît Junior II.
Rose:Ah... Tu viens d'une famille friquée?
Alex:Oui. Mais je suis déshérité.
Il voit bien que je ne vais pas lui poser la question, je n'aime pas montrer que je peux m'intéresser aux autres.
Alex:Parce que j'ai préféré devenir guitariste plutôt que de reprendre la firme multinationale de mon père.
Rose:Et tu penses avoir pris la bonne décision?
Alex:Je préfère ne pas me le demander. En tout cas, je sais que je suis ce que j'ai voulu devenir, pas ce qu'on a voulu que je sois.
Décidemment, ce mec me plaît de plus en plus.
Alex:Et toi, tu peux me dire ce que fait une rose sauvage au milieu de mauvaises herbes et de fleurs fanées?
Décidant de ne pas mettre mon orgueil au placard je réponds:
Rose:J'ai décidé de donner un peu plus de beauté au paysage.
Alex:C'est réussit.
Tiens tiens, mon égocentrisme ne le dérange pas? Il n'y a plus de limite à la drague à ce que je vois.
Il avance sa main vers mon visage et repousse en arrière une mèche rouge.
Alex:Tes cheveux sont magnifiques, excellente couleur.
Rose:Arrête de me complimenter.
Alex:Pourquoi, ça te dérange?
Rose:Oui.
Il m'observe, un sourire en coin et me dit:
Alex:Je vais y aller, le groupe doit m'attendre.
J'ignore sa réplique et lui demande:
Rose:T'as une copine?
Il a l'air un peu surprit mais il répond:
Alex:Non.
Rose:Pourquoi?
Alex:J'ai des difficultés avec... disons avec mes capacités physiques.
Je hausse un sourcil (toujours le gauche, j'arrive pas à le faire avec le droit).
Rose:C'est pas un problème pour les filles, ça.
Alex:Je t'assure que si.
Rose:Tu veux marcher un peu dehors?
Alex:Avec plaisir.
On pose nos verres et on descend les escaliers.
Rose:Attends moi deux secondes je reviens.
Je laisse le brun en plan pour me diriger vers un autre brun, moins classe cette fois.
Thierry se tient derrière le comptoir, remplissant des verres de cocktail alcoolisé.
Il lève la tête et m'aperçoit. Me faisant un signe de tête, il m'indique un tabouret du bar.
Je m'assois.
Rose:Prépare moi un truc fort.
Thierry:Ok, j'te fais une margarita.
Rose:Non j'ai dis "fort". En plus j'aime pas la margarita, car il y a de la tequila.
Thierry:Un martini alors? Ou un cosmopolitan?
Rose:Non, fais moi un cocktail de mangue, d'ananas et d'alcool, j'ai envie de boire un truc sucré. Mais avec beaucoup d'alcool.
Thierry:Bah dis donc, tu sais ce que tu veux toi!
Rose:Wai...contrairement à d'autres.
Thierry:Je dois me sentir visé là ?
Rose:Chais pas, qu'est-ce t'en penses?
Thierry:J'en pense que tu devrais être plus explicite des fois, tout le monde n'est pas capable de lire dans tes pensées tu sais.
Rose:Si tu y tiens: tu fais souffrir Morgane et je t'assure que c'est toi qui vas souffrir.
Thierry:J'ai pas l'intention de lui faire quoi que ce soit, à Morgane.
Rose:La ferme, j'ai pas fini. Ça veut dire: tu la jettes pas sans raison valable, tu la trompes pas, tu la fais pas fumer ou se droguer, tu lui fais pas fréquenter des mecs douteux.
Thierry:T'es sa mère ou quoi?
Rose:Pas besoin, chuis son amie, c'est suffisant. Si jamais j'apprends que tu as fais du mal à Morgane, je te pourris la vie jusqu'à ce que tu te suicides.
Thierry: T'inquiète, j'ai pas besoin de toi pour ça.
Rose:Tant mieux, j'aurai pas à me salir les mains. Passe moi le cocktail.
Je le lui arrache presque des mains et marche d'un pas énergique. Mais après deux enjambées je me retourne vivement et lui lance:
Rose:Au fait, interdiction de te suicider tant que tu es le copain de Morgane.
Thierry:Ah wai et sinon?
Rose:Sinon un certain secret sera dévoilé à une certaine personne, et je doute que tu veuilles ça...
Thierry:Depuis quand tu fais du chantage, toi qui prétends détester ça?
Rose:C'est pas du chantage, c'est juste un avertissement.
Thierry:Tu me dois 5 euros.
Rose:Mets ça sur mon compte.
Thierry:Comme tu veux, mais ta note est déjà très salée...
Rose:Te fais pas de soucis, pour moi tout est toujours sucré.
Thierry:J'avais remarqué. Faudrait peut-être que tu penses à payer un de ces jours.
Rose:Ouais, ouais... t'inquiète, j'aime pas avoir des dettes. Aller, dors bien et rêve de moi!
Et je rejoins Alex, qui m'attend à la sortie.
On sort. Il fait frais.
Alex:Tu veux aller où?
Rose:Peu importe, l'important ce n'est pas où on va mais avec qui.
Alex:Eh bah marchons alors.
On marche donc, là où nos pieds nous mènent. Je me la caille grave.
Alex le remarque et me dit:
Alex:Attends je te passe mon manteau.
Rose:Nan sinon c'est toi qui vas geler.
Alex:Je viens du Canada alors c'est pas un petit vent de rien du tout qui va m'impressionner! En plus laisse moi être un peu virile de temps en temps.
Rose:Dans ce cas ok.
Il retire son manteau et me le passe sur mes épaules. Je rajuste le col. Le cuir frôle parfois le sol, il faut dire que le mec fait au moins 10cm de plus que moi.
Je regarde autour de moi.
Nous sommes dans un parc, Alex s'assoit sur un banc. Je me colle contre lui.
Il a l'air à la fois étonné et satisfait.
Rose:Te fais pas d'idées, chuis juste à deux doigts de faire une hypothermie (traduction: je crève de froid pour les incultes de la médecine).
Alex:Mmm...T'as un copain, toi?
Rose:J'ai pas de copain, mais j'ai quelqu'un qui est là quand j'ai personne.
Alex:Donc en fait c'est... compliqué?
Rose:Non, c'est clair. J'ai pas de copain, mais ne te pose pas de questions si jamais tu me vois embrasser un mec dans les jours qui viennent.
Alex:-__-'...
Rose:Et si tu m'expliquais un peu plus dans les détails ce que tu entends par ton "manque de capacités physiques".
Il est tout de suite gêné; ça crève les yeux.
Alex:J'aime pas parler de ça.
Rose:T'inquiète, chuis pas du genre à crier les confidences sur tous les toits.
Alex:...Je veux bien t'expliquer mais c'est donnant-donnant.
Rose:Ce qui veut dire?...
Alex:Ce qui veut dire qu tu devras me dire en toute sincérité ton plus grand complexe.
Rose:D'accord.
Alex:Très bien; il se trouve que j'ai parfois tendance à bloquer pendant... enfin tu vois...
Rose:Ah... est-ce que t'as jamais été, heu... abusé sexuellement ?
Alex:Jamais et mes copines ne me forcent pas la main.
Rose:T'as déjà parlé avec un spécialiste?
Alex:Nan et j'ai pas l'intention de le faire.
Rose:C'est toi qui vois.
Alex:Et toi, qu'est-ce que tu détestes le plus dans ton corps?
Rose:Mes cuisses.
Alors là il ne se prive pas pour mater.
Rose:C'est bon, tu t'es bien rincé l'½il?
Il relève la tête vers moi.
Alex*souriant comme un débile profond*:Qu'est-ce qu'elles ont tes cuisses?
Rose:Elles sont trop grosses. Changement de sujet.
Alex*haussant les épaules*:Si tu veux... t'as des frères et soeurs?
Rose:Mauvaise pioche, rechangement de sujet.
Alex:o__O Euh...d'accord. Tu fais quoi comme études?
Rose:Chuis en premère S, mais je sais pas encore ce que je vas faire plus tard...
Alex:Pourquoi t'as pris S alors?
Rose:Parce que ES c'est pas assez approfondis et qu'il y a pas beaucoup de choix en L.
Alex:J'ai jamais vu ça.
Rose:De quoi?
Alex:De quelqu'un qui sait pas ce qu'il veut mais qui sait ce qu'il veut pas.
Rose:Va falloir t'habituer.
Alex:T'as quel âge?
Rose:16 ans, bientôt 17.
Alex:Quand?
Rose:Le 3 février.
Alex:Capricorne?
Rose:Non, verseau. Et toi... gémeaux?
Alex:Non.
Rose:Alors sagittaire.
Alex:Touché!
Rose:Quel jour exactement?
Alex:Le 14 décembre.
Rose:C'est passé... t'as quel âge maintenant?
Alex:19 ans.
Rose:Et tu m'as pas dis tu fais quoi comme études.
Alex:Je te l'ai pas dis parce que j'en fais pas justement.
Rose:Ah wai, j'oubliais... le gosse de riche qui s'échappe pour trouver sa carrière dans la musique...
Alex:T'as quelque chose contre les riches on dirait.
Rose:Ah bon?
Alex:Fais pas la conne.
Rose:Quelqu'un a dit un jour: «quand on est intelligent on peut faire l'imbécile, alors que l'inverse est impossible».
Alex:Et...?
Rose:Et rien, j'avais juste envie de sortir ça.
Alex:XD Comment t'es trop douée pour changer de sujet!
Rose:N'est-ce pas? Mais t'as pas à m'envier, c'est contagieux.
Alex:Et sinon, t'as une dent contre les riches?
Rose:J'ai pas une dent contre les riches... j'ai toute ma mâchoire.
Alex:Tu les envies?
Rose:Non, je trouve juste ça horriblement injuste.
Alex:Ça quoi?
Rose:Le fait qu'il y ait des gens qui doivent se battre pour survivre alors qu'il y en a d'autres qui naissent brodés dans l'or [une de mes expression = qui naissent avec déjà tout].
Alex:Mais la vie est injuste.
Rose:C'est faux, la vie est extrêmement juste, c'est les humains qui trouvent ça comme excuse pour justifier leurs injustices.
Alex:J'avais jamais vu les choses comme ça.
Rose:Alors il serait temps d'ouvrir les yeux.
J'ai dis ça sur un ton vraiment tranchant.
Il se tourne légèrement vers moi et me demande avec une voix tellement pure:
Alex:Pourquoi tu es si dure?
Rose:...
Alex: J'ai remarqué ça dès la seconde où je t'ai vu... Tu es dure dans tes propos, dans tes regards, dans tes points de vue... Tu es dure avec toi-même et avec les autres... Pourquoi?
Rose:Parce que sinon...
C'est pas possible, ce type me fait réfléchir à propos moi-même!
Je m'étonne toute seule des raisons de mes actes! Merde, qu'est-ce qui m'arrive? Il a beau draguer plus que lamentablement, ce type m'impressionne légèrement.
Rose:Parce que sinon... sinon... j'aurai mal...
J'ai dis ces mots sur un ton si bas que je ne sais même pas s'il m'a entendu. Mais mes doutes s'estompent quand il me dit:
Alex:La vie fait mal. Le seul fait de vivre est une souffrance. Il faut savoir affronter la douleur.
Rose:Mais j'ai déjà tellement souffert que la moindre douleur risque de me briser.
Alex:Trouve des personnes pour porter ta souffrance avec toi, elle a l'air d'être très lourde, spécialement quand on a des épaules comme les tiennes.
Rose:Qu'est-ce qu'elles ont mes épaules?
Alex:Elles sont surchargées.
Rose:...
Un silence s'installe. Je respire et soupire. Et s'il disait vrai?
Rose:Comment ça se fait que tu sois si perspicace?
Alex:Je ne suis pas spécialement perspicace, tout le monde pourrait voir ce que je vois.
Rose:Oui mais personne ne le voit.
Alex:Ça c'est parce que la plupart des gens sont aveugles.
Pas aveugles de la vision non, aveugles des sentiments. Et ça c'est pire que la cécité parce que ne pas voir la détresse des autres c'est s'enfermer dans son propre malheur et crois moi, ce n'est pas un handicape, c'est une tourmente infinie.
Parce qu'un handicap, ça gêne pour vivre mais une tourmente, ça empêche de vivre...
Rose:C'est rare les gens qui ont une bonne vision...
Alex:Oui, le nombre de personnes sans problèmes de vue est minime, mais il y a ceux qui voient d'une vision moins déformée que les autres...
Rose:Tu sais ce qu'on dit: "au royaume des aveugles, le borgne est roi"...
Je me lève, me tourne vers Alex, toujours assit sur le banc, et sors mon portable.
Rose:C'est quoi ton numéro?
Il me regarde et me répond, surprit de la soudaineté de ma question.
Rose:Bon aller, je rentre.
J'enlève son manteau de mes épaules et le lui tends.
Mais le brun fait un signe de tête négatif:
Alex:Garde-le, ça fera un prétexte pour se revoir.
Rose:J'ai pas besoin de prétexte pour te revoir.
Je le lui balance et me penche vers lui, lui fait la bise et pars sans me retourner.
Il a toujours cette odeur de cuir...
Je marche dans les rues, ne sachant pas très bien où je suis.
Ça fait rien, tout les chemins mènent à Rome.
Tiens, voilà Rome justement.
Pas la ville, le café du coin a le nom Rome.
Et de l'autre côté de la rue je peux voir les lumières du Ritrovo (rendez-vous en italien). C'est le coin des cafés/restos italiens. Ce quartier est à 6 pâtés de maisons de chez moi.
Je continue à avancer quand je sens quelque chose contre ma cuisse.
Putain c'est quoi ? Je baisse les yeux : rien.
Je continue à sentir le truc...
Ah merde! C'est mon portable, je l'ai mis sur vibreur! Je me trouve super conne des fois, faudrait voir si ça se soigne...
Bref, trêve de conneries. Je sors mon téléphone et lit «Vous avez 2 nouveaux messages». J'ouvre, le premier vient de Morgane:
"Slt ma puce, je rentre ac thierry dsl. Fé de bo rêves =)"
Ok, tu fais ce que tu veux.
Message numéro 2:
"Hey s'cuz mé moi & andy on a rencontré 2 mecs, on va ché e. Bonne nuit qd mm !"
Vous êtes toutes une bande de sales lâcheuses...
J'arrive enfin devant cette maison, banale, terne, comme les autres quoi...
Je sors la clé et ouvre la porte.
Une odeur persistante trône dans l'air.
Une odeur familière, ni particulièrement aimée, ni particulièrement détestée.
C'est le parfum Estee d'Estée Lauder.
Je sais à qui il appartient.
Alors je ne m'étonne pas de la voir dans la cuisine, la tête entre les mains, comme à chaque fois qu'elle réfléchie.
Oui en fait, dans ces moments là, sa tête devient trop lourde, faut bien la tenir...Je suis dure, et alors?
Ça n'empêche pas Kamille de me regarder d'un air grave et de me dire:
Ma tutrice:Qu'est-ce que c'est que cette couleur de cheveux?!
Je ne réponds pas. A vrai dire je me fous de ce qu'elle pense.
Ma tutrice:Tu es insupportable Rose, c'est pour ça que j'ai pris une décision...
Je la sens mal celle là...
Ma tutrice:Je t'envoie vivre chez ta tante, en Allemagne...
Désolée mais j'ai eu beaucoup de choses à faire. J'essayerai de publier au moins un article par semaine Au fait, pour les lecteurs qui lisent ma fic (chuis trop logique des fois, je me demande moi même pourquoi j'ai pas pris S au lieu de L ...XD), laissez au moins un com pour que je puisse savoir qui vous êtes (de toute manière, vous l'avez remarquer, je vais sur tous les blogs qui me laissent des coms, c'est la moindre des choses).
Bon, héhé, l'action commence... Vous allez pas être déçus!... Alors à la semaine prochaine (enfin j'espère)...