Chapitre21

Chapitre21
L'air est frais et on peut voir les étoiles. Andréa s'apprête à appeller un taxi avec son portable quand une voix nous interpelle:

...:Je vous dépose quelque part?

On se retourne toutes d'un même mouvement et on aperçoit Chris, un ami de longue date. Il est sorti avec Gaby il y a un an, mais ça s'est vite terminé. Ces deux là ne peuvent qu'être amis. C'est obligé.

Maintenant, ils sont très à l'aise quand ils se voient, c'est comme s'ils n'étaient jamais sortis ensemble.


Morgane:Oui, moi je veux bien.
Andréa:Comme ça on évitera de payer le taxi.
Gaby:Tant mieux, chuis un peu à sec ces temps-ci.
Rose:Comme d'hab, quoi.

On s'engouffre dans la Mercédès de Chris, je prends la place de devant.

Morgane:Merci Chris, tu nous dépannes.
Chris:De rien, de rien. Je vous dépose où?
Gaby:On va à la nouvelle boîte de nuit, la Dream Night [désolée pour les noms débiles et ringards, j'ai franchement pas envie de me casser le cul], celle qui est à la place de l'ancienne librairie.
Chris:C'est comme si vous y étiez.

J'allume la radio sur NRJ et hausse un peu le volume.
Gaby commence à parler, énergiquement. Elle est championne dans son genre, elle. Une fois qu'elle l'ouvre elle la ferme plus! Mais c'est ce qui fait son caractère si sympa, et on l'aime quand même!

Pour une fois, le bavardage de Gabriella va me servir à quelque chose.

J'attends une minute, pour que Morgane soit bien dans la conversation et me penche légèrement vers Chris:


Rose:Tu sais où est Thierry?

Le japonais secoue la tête.

Chris:J'ai essayé de l'appeller sur son portable mais il l'a éteint.

Je me mords la lèvre inférieure.

Et s'il la trompait vraiment?

Je suis peut-être froide mais il y a une seule chose qui peut m'atteindre: faire du mal aux gens que j'aime.

Comme ils ne sont pas nombreux je limite les risques.
5 personnes, 5 personnes qui constituent ma force et ma faiblesse. Les blesser c'est me blesser à moi aussi.

Shannen, Logan, Andréa, Gabriella, Morgane...

Ils disent que je suis surprotectrice.
Je ne vois pas pourquoi ça serait un défaut, je veux juste leur éviter de trop souffrir. Parce que, je ne le sais que trop bien, la douleur n'a pas de limites.
Elle va au-delà de l'imaginable, car la manière dont elle va se manifester est imprévisible.

On sous-estime souvent sa capacité à souffrir, c'est d'autant plus meurtrier.
Je me souviens d'une phrase que Shannen a dite un jour, après une violente séparation: "Je n'ai peut-être pas de pleurs, mais mon coeur meurt".

Je regarde dans le rétroviseur: Morgane sourit, mais ses yeux restent éteints.

Il y en a un qui va m'entendre...

20 minutes plus tard on arrive enfin.

Oulàlà! La queue s'étend jusque sur le trottoir!
La musique fait vibrer le sol, je peux le sentir.


Gaby:*o*
Andréa:Bordel... va nous falloir de la patience...
Rose:Alors là tu rêves! Si tu crois que je vais attendre bien sagement! Cours toujours et bois de l'eau fraîche! [mdr j'adore trop cette expression]
Morgane:C'est vrai que je vois mal Rose prendre sur elle.

C'est clair. Je suis quelqu'un de très impatient.
Sauf en ce qui concerne la vengeance... Tout à fait d'accord avec le proverbe qui dit "la vengeance est un plat qui se mange froid".


Morgane:En attendant, on va se les geler à rester là, alors je propose de faire comme on faisait avant.
Gaby:Avant quoi?
Morgane: -__-' Avant quand c'était encore une librairie, banane!
Andréa:Ah! Tu veux dire passer par la sortie de secours? Mais ils la surveillent sûrement.
Rose:Pas sûr. Cette boîte vient d'ouvrir, ils doivent être débordés.

Je marche vers l'étroit escalier en colimaçon, devancée par Morgane.
On atteint toutes le palier devant la porte noire, surmontée d'un indicateur vert et blanc "exit".

La blonde pousse le lourd battant mais:

Morgane:C'est fermé!
Gaby:Putain!
Rose:Et alors? Depuis quand c'est un problème?

Je prend une épingle dans la chevelure d'Andy (non sans m'être fait bien gueuler dessus par sa propriétaire) et m'accroupie.
Une minute et 16 secondes plus tard, je me redresse et pénètre dans le night club.

La première chose laquelle je pense est que c'est une réplique exacte du Bronze; la boîte de nuit dans Buffy contre les vampires.

Les lumières sont tamisées dans le bâtiment composé de deux étages.

L'étage du bas est spacieux et c'est là que se déroule l'action (c'est-à-dire la danse, la drague, l'abus d'alcool... pour ceux qui n'avaient pas compris).

Au contraire, l'étage du haut est une espèce de couloir qui regroupe les couples s'embrassant à pleine bouche et les personnes qui veulent rester seules.

On se trouve actuellement dans cet étage.

Gaby m'entraîne par le bras en direction d'un autre escalier, celui-ci conduisant au niveau inférieur. Andy nous attend déjà en bas, Morgane à côté d'elle.

Je jette un coup d'oeil aux alentours.

Un groupe de mec avec une batteuse se produisent sur la scène, du pop rock mélangé à du hard. Pas mal du tout, malgré le son assez cru; pas assez d'interventions de la basse.

Pendant que Gaby regarde la piste pour essayer de dénicher le plus beau mec et qu'Andréa discute avec Morgane à propos du groupe, je pars au bar nous chercher des boissons.
Les gens sont presque tous agglutinés sur la piste de danse, deux ou trois personnes seulement sont en train de passer leur commande.

Je m'apprête à faire de même quand je me stoppe dans mon élan.
J'ai pas l'air con, plantée ici comme une imbécile, à regarder le bar fixement.

Je me tourne lentement, et marche en direction de Morgane, restée au pied de l'escalier.
Je me poste devant elle, ce qui lui fait détacher son attention de la conversation qu'elle était en train de mener avec Andréa.


Rose:Regarde le barman.
Morgane:Hein?
Rose:Regarde-le je te dis!

Intriguée, Morgane dirige son regard sur le mec en question et là... c'est le bug!

Je me redresse légèrement et lui dit:


Rose:Eh bah tu vois qu'il te trompait pas.

Morgane a un sourire jusqu'aux oreilles.
Je la laisse et grimpe les escaliers. Je suis arrivée au bout du couloir et m'assois dans un coin.

D'ici je peux tout voir, entre autre Thierry amuser Morgane en jonglant avec des bouteilles. Mais je préfère me concentrer sur le groupe de rock qui joue un morceau mi-doux, mi-énergique.

Il n'y a plus de soucis à se faire, Thierry était en train de bosser tous ce temps. Mais j'irai quand même lui parler un peu plus tard, histoire de mettre les points sur les "i"...

Plongée dans mes pensées, je remarque à peine que la bande s'est arrêtée de jouer et qu'à présent, un autre groupe a prit sa place.

Quelques instants plus tard, je sens un parfum de cuir autour de moi et le banc sur lequel je suis assise s'alourdit quelque peu.


...:Tu veux un verre?

Je tourne la tête et regarde la personne à qui appartient cette voix grave et légèrement cassée.


Rose:Bois en d'abord.
...:Pour quoi faire?
Rose:Pour vérifier qu'il n'y a pas de drogue à l'intérieur.
...:Comme tu veux.

Le mec prend une gorgée devant moi et me dis:

...:Rassurée?
Rose:Oui.

Je prends le verre qu'il me tend et bois une gorgée à mon tour.

Je pose la coupe et regarde attentivement le mec.

C'est le guitariste du groupe qui vient de s'arrêter.

Des yeux marrons foncés, avec des tâches de lumière.
Une chevelure châtain sombre et quelques mèches qui tombent désinvoltement sur son visage.

Il doit mesurer environ 1m80, paraît ni mince ni en surpoids, juste ce qu'il faut. Je devine des pectoraux bien formés sous son pull noir.
Il porte un jean noir également, et un manteau de cuir dans les même tons, d'où l'odeur.

Ses habits contrastent avec son teint blanc et ses lèvres plutôt pâles.
Il me regarde avec une expression très calme. Ce type a ce que je recherche absolument chez un mec: de la classe.

En désignant son manteau d'un geste du front je demande:

Rose:C'est du vrai cuir?
...:Non, du synthétique.
Rose:C'est pour ça que l'odeur était si forte, le vrai n'a pas une senteur si puissante.
...:Toi tu portes un parfum de fleur, de rose je pense.

Je le regarde intensément. La plupart des gens n'arrivent pas à identifier mon parfum, d'ordinaire.


Rose:Oui, c'est mon prénom.
...:Rose... c'est très significatif comme nom. C'est ton vrai?

Je fixe le type, légèrement surprise. Il est si perspicace, j'ai jamais vu ça.


Rose:Non.
...:C'est quoi ton réel prénom alors?

Je hausse un peu le sourcil gauche et lui demande d'une voix mystérieuse:


Rose:Et toi, c'est quoi ton nom?

Il sourit et me regarde dans les yeux; il a comprit que je ne lui répondrai pas.

...:Alex.
Rose:C'est ton vrai?
Alex:Oui, mais c'est mon diminutif. Mon nom complet c'est Alexandre Benoît Junior II.
Rose:Ah... Tu viens d'une famille friquée?
Alex:Oui. Mais je suis déshérité.

Il voit bien que je ne vais pas lui poser la question, je n'aime pas montrer que je peux m'intéresser aux autres.


Alex:Parce que j'ai préféré devenir guitariste plutôt que de reprendre la firme multinationale de mon père.
Rose:Et tu penses avoir pris la bonne décision?
Alex:Je préfère ne pas me le demander. En tout cas, je sais que je suis ce que j'ai voulu devenir, pas ce qu'on a voulu que je sois.

Décidemment, ce mec me plaît de plus en plus.


Alex:Et toi, tu peux me dire ce que fait une rose sauvage au milieu de mauvaises herbes et de fleurs fanées?

Décidant de ne pas mettre mon orgueil au placard je réponds:


Rose:J'ai décidé de donner un peu plus de beauté au paysage.
Alex:C'est réussit.

Tiens tiens, mon égocentrisme ne le dérange pas? Il n'y a plus de limite à la drague à ce que je vois.

Il avance sa main vers mon visage et repousse en arrière une mèche rouge.

Alex:Tes cheveux sont magnifiques, excellente couleur.
Rose:Arrête de me complimenter.
Alex:Pourquoi, ça te dérange?
Rose:Oui.

Il m'observe, un sourire en coin et me dit:


Alex:Je vais y aller, le groupe doit m'attendre.

J'ignore sa réplique et lui demande:


Rose:T'as une copine?

Il a l'air un peu surprit mais il répond:

Alex:Non.
Rose:Pourquoi?
Alex:J'ai des difficultés avec... disons avec mes capacités physiques.

Je hausse un sourcil (toujours le gauche, j'arrive pas à le faire avec le droit).


Rose:C'est pas un problème pour les filles, ça.
Alex:Je t'assure que si.
Rose:Tu veux marcher un peu dehors?
Alex:Avec plaisir.

On pose nos verres et on descend les escaliers.


Rose:Attends moi deux secondes je reviens.

Je laisse le brun en plan pour me diriger vers un autre brun, moins classe cette fois.
Thierry se tient derrière le comptoir, remplissant des verres de cocktail alcoolisé.

Il lève la tête et m'aperçoit. Me faisant un signe de tête, il m'indique un tabouret du bar.
Je m'assois.


Rose:Prépare moi un truc fort.
Thierry:Ok, j'te fais une margarita.
Rose:Non j'ai dis "fort". En plus j'aime pas la margarita, car il y a de la tequila.
Thierry:Un martini alors? Ou un cosmopolitan?
Rose:Non, fais moi un cocktail de mangue, d'ananas et d'alcool, j'ai envie de boire un truc sucré. Mais avec beaucoup d'alcool.
Thierry:Bah dis donc, tu sais ce que tu veux toi!
Rose:Wai...contrairement à d'autres.
Thierry:Je dois me sentir visé là ?
Rose:Chais pas, qu'est-ce t'en penses?
Thierry:J'en pense que tu devrais être plus explicite des fois, tout le monde n'est pas capable de lire dans tes pensées tu sais.
Rose:Si tu y tiens: tu fais souffrir Morgane et je t'assure que c'est toi qui vas souffrir.
Thierry:J'ai pas l'intention de lui faire quoi que ce soit, à Morgane.
Rose:La ferme, j'ai pas fini. Ça veut dire: tu la jettes pas sans raison valable, tu la trompes pas, tu la fais pas fumer ou se droguer, tu lui fais pas fréquenter des mecs douteux.
Thierry:T'es sa mère ou quoi?
Rose:Pas besoin, chuis son amie, c'est suffisant. Si jamais j'apprends que tu as fais du mal à Morgane, je te pourris la vie jusqu'à ce que tu te suicides.
Thierry: T'inquiète, j'ai pas besoin de toi pour ça.
Rose:Tant mieux, j'aurai pas à me salir les mains. Passe moi le cocktail.

Je le lui arrache presque des mains et marche d'un pas énergique. Mais après deux enjambées je me retourne vivement et lui lance:

Rose:Au fait, interdiction de te suicider tant que tu es le copain de Morgane.
Thierry:Ah wai et sinon?
Rose:Sinon un certain secret sera dévoilé à une certaine personne, et je doute que tu veuilles ça...
Thierry:Depuis quand tu fais du chantage, toi qui prétends détester ça?
Rose:C'est pas du chantage, c'est juste un avertissement.
Thierry:Tu me dois 5 euros.
Rose:Mets ça sur mon compte.
Thierry:Comme tu veux, mais ta note est déjà très salée...
Rose:Te fais pas de soucis, pour moi tout est toujours sucré.
Thierry:J'avais remarqué. Faudrait peut-être que tu penses à payer un de ces jours.
Rose:Ouais, ouais... t'inquiète, j'aime pas avoir des dettes. Aller, dors bien et rêve de moi!

Et je rejoins Alex, qui m'attend à la sortie.

On sort. Il fait frais.


Alex:Tu veux aller où?
Rose:Peu importe, l'important ce n'est pas où on va mais avec qui.
Alex:Eh bah marchons alors.

On marche donc, là où nos pieds nous mènent. Je me la caille grave.
Alex le remarque et me dit:


Alex:Attends je te passe mon manteau.
Rose:Nan sinon c'est toi qui vas geler.
Alex:Je viens du Canada alors c'est pas un petit vent de rien du tout qui va m'impressionner! En plus laisse moi être un peu virile de temps en temps.
Rose:Dans ce cas ok.

Il retire son manteau et me le passe sur mes épaules. Je rajuste le col. Le cuir frôle parfois le sol, il faut dire que le mec fait au moins 10cm de plus que moi.

Je regarde autour de moi.
Nous sommes dans un parc, Alex s'assoit sur un banc. Je me colle contre lui.
Il a l'air à la fois étonné et satisfait.


Rose:Te fais pas d'idées, chuis juste à deux doigts de faire une hypothermie (traduction: je crève de froid pour les incultes de la médecine).
Alex:Mmm...T'as un copain, toi?
Rose:J'ai pas de copain, mais j'ai quelqu'un qui est là quand j'ai personne.
Alex:Donc en fait c'est... compliqué?
Rose:Non, c'est clair. J'ai pas de copain, mais ne te pose pas de questions si jamais tu me vois embrasser un mec dans les jours qui viennent.
Alex:-__-'...
Rose:Et si tu m'expliquais un peu plus dans les détails ce que tu entends par ton "manque de capacités physiques".

Il est tout de suite gêné; ça crève les yeux.


Alex:J'aime pas parler de ça.
Rose:T'inquiète, chuis pas du genre à crier les confidences sur tous les toits.
Alex:...Je veux bien t'expliquer mais c'est donnant-donnant.
Rose:Ce qui veut dire?...
Alex:Ce qui veut dire qu tu devras me dire en toute sincérité ton plus grand complexe.
Rose:D'accord.
Alex:Très bien; il se trouve que j'ai parfois tendance à bloquer pendant... enfin tu vois...
Rose:Ah... est-ce que t'as jamais été, heu... abusé sexuellement ?
Alex:Jamais et mes copines ne me forcent pas la main.
Rose:T'as déjà parlé avec un spécialiste?
Alex:Nan et j'ai pas l'intention de le faire.
Rose:C'est toi qui vois.
Alex:Et toi, qu'est-ce que tu détestes le plus dans ton corps?
Rose:Mes cuisses.

Alors là il ne se prive pas pour mater.


Rose:C'est bon, tu t'es bien rincé l'½il?

Il relève la tête vers moi.

Alex*souriant comme un débile profond*:Qu'est-ce qu'elles ont tes cuisses?
Rose:Elles sont trop grosses. Changement de sujet.
Alex*haussant les épaules*:Si tu veux... t'as des frères et soeurs?
Rose:Mauvaise pioche, rechangement de sujet.
Alex:o__O Euh...d'accord. Tu fais quoi comme études?
Rose:Chuis en premère S, mais je sais pas encore ce que je vas faire plus tard...
Alex:Pourquoi t'as pris S alors?
Rose:Parce que ES c'est pas assez approfondis et qu'il y a pas beaucoup de choix en L.
Alex:J'ai jamais vu ça.
Rose:De quoi?
Alex:De quelqu'un qui sait pas ce qu'il veut mais qui sait ce qu'il veut pas.
Rose:Va falloir t'habituer.
Alex:T'as quel âge?
Rose:16 ans, bientôt 17.
Alex:Quand?
Rose:Le 3 février.
Alex:Capricorne?
Rose:Non, verseau. Et toi... gémeaux?
Alex:Non.
Rose:Alors sagittaire.
Alex:Touché!
Rose:Quel jour exactement?
Alex:Le 14 décembre.
Rose:C'est passé... t'as quel âge maintenant?
Alex:19 ans.
Rose:Et tu m'as pas dis tu fais quoi comme études.
Alex:Je te l'ai pas dis parce que j'en fais pas justement.
Rose:Ah wai, j'oubliais... le gosse de riche qui s'échappe pour trouver sa carrière dans la musique...
Alex:T'as quelque chose contre les riches on dirait.
Rose:Ah bon?
Alex:Fais pas la conne.
Rose:Quelqu'un a dit un jour: «quand on est intelligent on peut faire l'imbécile, alors que l'inverse est impossible».
Alex:Et...?
Rose:Et rien, j'avais juste envie de sortir ça.
Alex:XD Comment t'es trop douée pour changer de sujet!
Rose:N'est-ce pas? Mais t'as pas à m'envier, c'est contagieux.
Alex:Et sinon, t'as une dent contre les riches?
Rose:J'ai pas une dent contre les riches... j'ai toute ma mâchoire.
Alex:Tu les envies?
Rose:Non, je trouve juste ça horriblement injuste.
Alex:Ça quoi?
Rose:Le fait qu'il y ait des gens qui doivent se battre pour survivre alors qu'il y en a d'autres qui naissent brodés dans l'or [
une de mes expression = qui naissent avec déjà tout].
Alex:Mais la vie est injuste.
Rose:C'est faux, la vie est extrêmement juste, c'est les humains qui trouvent ça comme excuse pour justifier leurs injustices.
Alex:J'avais jamais vu les choses comme ça.
Rose:Alors il serait temps d'ouvrir les yeux.

J'ai dis ça sur un ton vraiment tranchant.
Il se tourne légèrement vers moi et me demande avec une voix tellement pure:


Alex:Pourquoi tu es si dure?
Rose:...
Alex: J'ai remarqué ça dès la seconde où je t'ai vu... Tu es dure dans tes propos, dans tes regards, dans tes points de vue... Tu es dure avec toi-même et avec les autres... Pourquoi?
Rose:Parce que sinon...

C'est pas possible, ce type me fait réfléchir à propos moi-même!
Je m'étonne toute seule des raisons de mes actes! Merde, qu'est-ce qui m'arrive? Il a beau draguer plus que lamentablement, ce type m'impressionne légèrement.


Rose:Parce que sinon... sinon... j'aurai mal...

J'ai dis ces mots sur un ton si bas que je ne sais même pas s'il m'a entendu. Mais mes doutes s'estompent quand il me dit:

Alex:La vie fait mal. Le seul fait de vivre est une souffrance. Il faut savoir affronter la douleur.
Rose:Mais j'ai déjà tellement souffert que la moindre douleur risque de me briser.
Alex:Trouve des personnes pour porter ta souffrance avec toi, elle a l'air d'être très lourde, spécialement quand on a des épaules comme les tiennes.
Rose:Qu'est-ce qu'elles ont mes épaules?
Alex:Elles sont surchargées.
Rose:...

Un silence s'installe. Je respire et soupire. Et s'il disait vrai?


Rose:Comment ça se fait que tu sois si perspicace?
Alex:Je ne suis pas spécialement perspicace, tout le monde pourrait voir ce que je vois.
Rose:Oui mais personne ne le voit.
Alex:Ça c'est parce que la plupart des gens sont aveugles.
Pas aveugles de la vision non, aveugles des sentiments. Et ça c'est pire que la cécité parce que ne pas voir la détresse des autres c'est s'enfermer dans son propre malheur et crois moi, ce n'est pas un handicape, c'est une tourmente infinie.
Parce qu'un handicap, ça gêne pour vivre mais une tourmente, ça empêche de vivre...

Rose:C'est rare les gens qui ont une bonne vision...
Alex:Oui, le nombre de personnes sans problèmes de vue est minime, mais il y a ceux qui voient d'une vision moins déformée que les autres...
Rose:Tu sais ce qu'on dit: "au royaume des aveugles, le borgne est roi"...

Je me lève, me tourne vers Alex, toujours assit sur le banc, et sors mon portable.


Rose:C'est quoi ton numéro?

Il me regarde et me répond, surprit de la soudaineté de ma question.


Rose:Bon aller, je rentre.

J'enlève son manteau de mes épaules et le lui tends.
Mais le brun fait un signe de tête négatif:


Alex:Garde-le, ça fera un prétexte pour se revoir.
Rose:J'ai pas besoin de prétexte pour te revoir.

Je le lui balance et me penche vers lui, lui fait la bise et pars sans me retourner.
Il a toujours cette odeur de cuir...


Je marche dans les rues, ne sachant pas très bien où je suis.
Ça fait rien, tout les chemins mènent à Rome.

Tiens, voilà Rome justement.
Pas la ville, le café du coin a le nom Rome.
Et de l'autre côté de la rue je peux voir les lumières du Ritrovo (rendez-vous en italien). C'est le coin des cafés/restos italiens. Ce quartier est à 6 pâtés de maisons de chez moi.

Je continue à avancer quand je sens quelque chose contre ma cuisse.
Putain c'est quoi ? Je baisse les yeux : rien.
Je continue à sentir le truc...

Ah merde! C'est mon portable, je l'ai mis sur vibreur! Je me trouve super conne des fois, faudrait voir si ça se soigne...
Bref, trêve de conneries. Je sors mon téléphone et lit «Vous avez 2 nouveaux messages». J'ouvre, le premier vient de Morgane:

"Slt ma puce, je rentre ac thierry dsl. Fé de bo rêves =)"


Ok, tu fais ce que tu veux.

Message numéro 2:


"Hey s'cuz mé moi & andy on a rencontré 2 mecs, on va ché e. Bonne nuit qd mm !"

Vous êtes toutes une bande de sales lâcheuses...

J'arrive enfin devant cette maison, banale, terne, comme les autres quoi...
Je sors la clé et ouvre la porte.

Une odeur persistante trône dans l'air.
Une odeur familière, ni particulièrement aimée, ni particulièrement détestée.

C'est le parfum Estee d'Estée Lauder.
Je sais à qui il appartient.

Alors je ne m'étonne pas de la voir dans la cuisine, la tête entre les mains, comme à chaque fois qu'elle réfléchie.
Oui en fait, dans ces moments là, sa tête devient trop lourde, faut bien la tenir...Je suis dure, et alors?

Ça n'empêche pas Kamille de me regarder d'un air grave et de me dire:


Ma tutrice:Qu'est-ce que c'est que cette couleur de cheveux?!

Je ne réponds pas. A vrai dire je me fous de ce qu'elle pense.

Ma tutrice:Tu es insupportable Rose, c'est pour ça que j'ai pris une décision...

Je la sens mal celle là...

Ma tutrice:Je t'envoie vivre chez ta tante, en Allemagne...


Voilà enfin la suite!
Désolée mais j'ai eu beaucoup de choses à faire. J'essayerai de publier au moins un article par semaine Au fait, pour les lecteurs qui lisent ma fic (chuis trop logique des fois, je me demande moi même pourquoi j'ai pas pris S au lieu de L ...XD), laissez au moins un com pour que je puisse savoir qui vous êtes (de toute manière, vous l'avez remarquer, je vais sur tous les blogs qui me laissent des coms, c'est la moindre des choses).

Bon, héhé, l'action commence... Vous allez pas être déçus!... Alors à la semaine prochaine (enfin j'espère)...

# Posté le mercredi 26 mars 2008 13:08

Modifié le mardi 01 juillet 2008 18:57

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# Posté le mardi 21 octobre 2008 03:55

J'me tape l'incruste

J'me tape l'incruste
Voilà, voilà, un autre article pour vous dire que la suite est un peu en retard...
Oui je sais je suis méchante (et sadique) de vous faire mariner mais va falloir s'habituer! (nan je rigole, pas à ce point là^^)

Sachez que j'essayerai de publier la suite aujourd'hui ou demain (donc dimanche) qui est prête. En fait il ne me reste plus que la présentation à finir.

On m'a demandé quand les TH arriveraient, eh bah patience! C'est plus très long, et je vous assure que ça va être énorme...

Pour ceux qui aimeraient être informés de la suite, dites le moi dans un com avec l'adresse de votre blog, je vous inviterai comme "ami", c'est plus facile à repérer pour moi.

Aller, encore désolée de ne pas avoir publier la suite, je le ferai aussitôt que je le pourrai.

Electra

# Posté le samedi 05 avril 2008 03:58

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 18:07

Chapitre22

Chapitre22
Ma tutrice:Tu es insupportable Rose, c'est pour ça que j'ai pris une décision...

Je la sens mal celle la...

Ma tutrice:Je t'envoie vivre chez ta tante, en Allemagne...

Et là, c'est le bug.

Le premier mot qui me traverse l'esprit est "NON".

Non, je ne retournerai pas en Allemagne.

Je devrai tout quitter; mes amis, Logan, mes jobs... pour... , pour quoi exactement? Qu'y aurait-il de bien à aller là-bas pour moi?

Et surtout, je devrais le revoir, lui.

C'est hors de question.

Je ne le hais pas; c'est bien plus fort que ça.

Je ne souhaite pas qu'il crève, j'espère juste qu'il vive longtemps, dans des souffrances les plus terribles les unes que les autres.

Lui, c'est la personne la plus horrible que j'ai jamais rencontré, et de loin.

Et l'autre folle veut me faire vivre en Allemagne.

Bien sûr, j'ai pris mon masque habituel de froideur et je lui demande d'une voix calme et hautaine:


Rose:Et tu penses que ça va me changer de vivre dans un autre pays?
Ma tutrice:Je ne sais pas... peut-être qu'un environnement différent t'aidera à devenir plus stable. En tout cas, je ne sais plus quoi faire et comment me comporter avec toi. J'ai parlé avec ma soeur durant mon voyage en Allemagne, c'est elle qui m'a proposée l'idée.
Rose:Explique moi, pourquoi m'as-tu adopté?
Ma tutrice:...
Rose:Vas-y, dis le moi. Tu sais bien que ça ne me fera rien. Quoi, tu voulais l'allocation familiale? Ou alors peut-être que prendre deux jumelles sous ta charge c'était une sorte de défi?
Ma tutrice:Je pensais pouvoir vous aider.
Rose:Ah, alors on était un genre de bonne action. Une manière pour toi de faire un autre acte de charité pour impressionner le curé de la paroisse d'à côté.
Ma tutrice:Tu as vraiment l'esprit dérangé, Rose.
Rose*haussant les épaules*:Penses ce que tu veux, rien à cirer.

Je tourne les talons, saisis ma veste de faux cuir et ouvre la porte d'entrée.

Une voix m'interpelle alors:


Ma tutrice:Où tu vas?

Je ne réponds pas.


Ma tutrice:Tâche d'être rentrée avant midi, il y a certaines choses que nous...

SBAM! Je ferme la porte d'entrée derrière moi avec un grand bruit.

Je dévale rapidement les marches du perrons et cours dans la nuit.
Je ne sais pas où aller, et à vrai dire, je m'en fous.

Après plusieurs minutes je m'arrête, suite à une pensée lumineuse. Saisissant mon portable de ma poche je compose un numéro que je connais par coeur.
La sonnerie retentis au fond du combiné.

Une fois, deux fois, trois fois... Réponds, réponds...
Et, au bout de six fois, une voix endormie dit un vague :


...:Allô?
Rose:Logan!
Logan:Princesse! Qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi tu m'appelles à 1h30 du matin? Ça va?
Rose:Non.
Logan:Qu'est-ce qui se passe?
Rose:...
Logan:Rose?
Rose:Je... elle... et pas moi... Magdeb... jamais...
Logan:Rose, où tu es?
Rose:Je sais pas, il fait nuit... il y a une usine devant moi... ça a l'air fermé... Sanita multinationale...
Logan:C'est bon, je sais où c'est. Bouge pas, j'arrive.

Il raccroche.

Je m'assois sur le rebord du trottoir, le dos contre un lampadaire, les jambes repliées contre mon torse. Et je m'aperçois enfin de l'ampleur de la chose.

Comme il est hors de question que j'aille en Allemagne, je vais devoir quitter cette maison. Pas que j'y sois attachée, mais je vais devoir tout abandonner.
Quand je dis tout, je pense à mes amis, à Logan, à tout quoi. Je ne veux pas quitter la France, pas pour l'instant en tout cas.
J'ai faillis me faire repérer durant mon dernier voyage. Il faut dire que j'utilisais un faux passeport.
Mais bon, heureusement pour moi je suis tombée sur un nouveau; il s'est douté de quelque chose mais j'ai réussis à le déstabiliser.

Non, je ne voyagerai pas avant mes 18 ans.

Je ne peux pas aller chez une de mes amies, elles vivent encore chez leurs parents.
Ni chez Logan, il vit beaucoup trop près.

Je n'ai personne d'autre.

Ça ne fait rien, je peux me démerder. Après tout, j'ai déjà vu pire.

Partir... ça signifie reprendre mes activités d'avant.
Des choses dont je ne devrai pas être très fière, mais je pense que ma conscience et ma culpabilité sont beaucoup moins développées que la normale.

Changer de coupe et de couleur de cheveux, de nom, de style... enfin bref, tout ce qu'on fait pour changer d'identité.
Mais un an seulement, le temps que j'atteigne la majorité. Là, ils ne pourront plus rien contre moi.

Je pense et je pense. Je ne fais que penser.
Et réfléchir. Et encore et toujours penser et réfléchir.

Le pire, c'est que ça m'avance à quelque chose.
Normalement, les gens qui se rendent compte qu'ils se cassent trop la tête arrêtent de se torturer, parce que ça ne les avance à rien.
Moi je ne peux pour la bonne raison que ça me fait évoluer.

Des crissements de pneus me sortent de ma torpeur.
Une BM foncée prend le virage et s'arrête à côté du trottoir d'en face. Je me relève pendant que Logan sort. Je cours vers lui et m'arrête quand j'arrive à sa hauteur (enfin... façon de parler parce que vu ma taille à moi, il me faudrait des échasses).

Logan me prend dans ses bras.


Rose:Hey... T'inquiète pas, ça va.
Logan:Tu m'appelles au beau milieu de la nuit et tu prétends encore que ça va?
Rose:En fait, je voulais t'avertir que je pars.
Logan:Comment ça tu pars?
Rose:Bah...je pars. L'autre veut m'envoyer en Allemagne, soi-disant pour que j'ai une meilleur éducation ou un truc dans ce genre là, et évidemment, moi j'y vais pas.
Logan:Mais...tu peux pas...

Il est lent à la détente dis donc!

Rose:T'inquiète, je ne quitte pas le pays.
Logan:Non, je veux dire... et Shannen?

Je me tends direct et demande sur un ton agressif:

Rose:Quoi Shannen?
Logan:Tu peux pas couper les ponts comme ça, enfin réfléchis un peu...

Bah merci, je fais que ça réfléchir!

Logan:Si tu te casses, ta tutrice risque de t'en vouloir, et au cas où Shannen réapparaîtrait ici, elle ne lui dirait rien sur toi, sur la manière de te retrouver, sur ce que tu as vécu sans elle.

Et merde! J'avais pas pensé à ça!
Chuis qu'une sale égoïste, le fait de rester sans ma moitié si longtemps m'a rendu tellement égocentrique que je pense d'abord à mon petit confort avant de penser à elle.

Chuis qu'une sale petite prétentieuse de merde...


Logan:Tu dois au moins rester en bons termes avec ta tutrice, même si ça doit te coûter certains sacrifices.

Je reste silencieuse.
Logan attend un moment puis me dit:


Logan:Bon, alors si c'était juste pour ça je vais y aller. Tiens moi au courant des évènements.

Sa première phrase me fait l'effet d'une douche glacée qu'on m'aurait versé sur la tête.

Et, tout à coup, je reprends ma voix froide et distante, celle que j'utilise avec à peu près tout le monde. Celle que je n'ai pas utilisée avec Logan depuis trois ans.


Rose:D'accord, la prochaine fois que je déménagerai, j'éviterai de te le dire, pour ne pas te déranger. J'attendrai de me faire violer ou kidnapper, enfin tu vois; quelque chose de vraiment important, pour t'avertir.
Logan:Commence pas à prendre tes grands airs...

Je fais comme si je n'avais pas entendu et continue sur ma lancée:

Rose:Dorénavant tu ferais mieux d'éteindre ton portable, pour ne pas que je te dérange dans ta vraie vie bien intéressante, comme ça ça te fera des vacances.
Logan:Le prend pas comme ça...
Rose:Nan mais c'est vrai que c'est chiant d'avoir une petite conne vantarde qui fait semblant d'être importante sur son dos tout le temps. Enfin sauf pour la baise, ça c'est pratique...
Logan:Mais tu vas arrêter merde! Tu ne comprends vraiment rien!

Je le fusille du regard.
Juste une fraction de seconde, mais cette fraction de seconde a suffit pour qu'il comprenne. Qu'il comprenne qu'il y a quelque chose de brisé et d'irréparable.


Rose:C'est moi qui ne comprends rien Logan? J'ai plutôt l'impression d'avoir très bien compris, au contraire. Par contre toi, t'es toujours à côté de la plaque.
Logan*reprenant une voix calme*:Non, je ne crois pas. Seulement, je veux que tu sois moins dépendante de moi.

Il a beau faire tout pour le cacher, ça sonne faux.

Rose:Tu crois me connaître alors que tu ne sais pratiquement rien sur moi. Tu ne vois que ce que je veux bien laisser paraître; la partie émmergée de l'iceberg.
Comme les autres.
Tu me juges et me critiques sans savoir ce que je peux bien ressentir. Tu n'as pas idée de la douleur que j'éprouve, de la souffrance que j'endure.
A chaque seconde de ma vie, à chacune de mes respirations, à chacun des battements de mon coeur, j'ai l'impression de mourir un peu plus.
Et toi tu considères mon estime pour toi comme de la dépendance. Eh bah crois moi, je serai beaucoup moins dépendante désormais.

Logan:L'inconvénient avec toi Rose c'est que tu crois être toujours le centre des problèmes et des polémiques.
Rose:Non, ça c'est ce que je laisse paraître. Tu sais, c'est exactement pour cette raison que ça n'a jamais marché entre nous. J'ai toujours été différente, alors que toi, finalement, tu es comme les autres. Tu n'as jamais cherché à me connaître véritablement, tu voulais juste quelqu'un qui sort du lot. Et moi je voulais quelqu'un qui me comprenne.
Tu as cru bien faire, j'ai cru avoir trouver. On s'est tous les deux gourrés.
Logan:C'est vraiment ce que tu penses?
Rose:Tu sais que je dis toujours ce que je pense. Enfin, peut-être que tu ne t'en es jamais rendu compte, je ne sais pas...
Logan:Arrête tes conneries tu veux. Pourquoi tu ne m'as jamais dis ce que tu éprouves?
Rose:C'est justement ça le problème Logan, je n'avais pas à te le dire. Mais toi aussi tu es aveugle...
Logan:Quoi?
Rose:Rien, c'est un truc entre Alex et moi.
Logan:Alex?
Rose:Alex, un mec sympa que j'ai rencontré.
Logan:Et pourquoi tu...
Rose*lui coupant la parole*:Oh arrête! On n'a fait que parler. D'ailleurs on aurait pu aller plus loin que je ne me serai pas sentie coupable. Je vois pas pourquoi je ferai pas des choses que toi tu t'autorises à faire.
Logan:Hein?
Rose:Me fais pas perdre mon temps, tu sais très bien de quoi je parle. Comment elle s'appelle?
Logan:Qui?
Rose:La fille qui porte le parfum Tralala [si, si j'vous jure que c'est un vrai parfum!] et que tu es allé voir quand tu étais soi-disant au boulot. T'as oublié de prendre une douche avant de venir, tu sais pourtant bien que je suis plus sensible aux odeurs que la plupart des gens.
Logan:Je...
Rose*le coupant encore une fois*:De toute façon j'm'en fous, alors ne te fatigues pas.


Je m'écarte de lui et de sa voiture, comme si j'avais peur de me salir, et lui dis:

Rose:Tu vois Logan, ça m'aurait pas dérangé que tu me dises que tu as une copine. Après tout, on n'est pas un couple et ça m'aurait prouvé que tu as confiance en moi.
Logan:Tu te fais des idées.
Rose:Peut-être mais je vais te dire une bonne chose; je commence à en avoir marre qu'on me prenne pour une conne.

Je m'écarte encore plus de lui et avant de lui lancer, de la voix la plus froide que je puisse avoir:

Rose:Pas la peine de venir me dire au revoir, je ne veux plus jamais avoir à faire quoi que ce soit avec toi.

Et je me retourne, pour marcher dans la direction opposée sans un regard en arrière.

Pas un seul cri, pas un seul mot.

Rien.

Aucune tentative de la part de Logan pour me retenir.
Tant mieux, maintenant je suis fixée.
J'ai pas l'air d'avoir trop d'importance pour lui, alors pourquoi j'ai le coeur si lourd?

Je marche dans la pénombre d'une ruelle mal famée éclairée par deux ou trois réverbères crasseux qui brillent faiblement.
Un chat de gouttière à moitié dépoilu traverse la rue à pas feutrés.
Je m'assoie sur les marches de l'entrée d'un appart' délabré, la tête entre les mains.

Je pense qu'un jour je vais m'exploser le crâne à autant réfléchir.

Comment j'ai pus en arriver là avec Logan?
La réponse est évidente. Elle crève les yeux.

Logan ne me connait pas. D'ailleurs moi non plus je ne le connais pas.
On a tous les deux montré ce qu'on voulait que l'autre voit.

J'ai trop espéré, et comme d'habitude, je retombe encore plus bas qu'au départ.
Je commençais à m'y attacher alors il vaut mieux que je coupe les ponts, ça me fera moins mal.

Mais il y a une chose que je sais avec certitude: j'en ais ras-le-bol qu'on se foute de ma gueule. Les gens pensent me rouler alors que c'est moi qui les prends pour des cons.

Comme cet Alex par exemple.
Il n'a vu que de la vanité là où il y avait de l'ironie.

Les autres pensent que je suis une imbécile en raison de mon orgueil surdimensionné. C'est là où ils se trompent.
Parce qu'au plus profond de moi, je ne suis ni prétentieuse, ni égocentrique.

Pour en revenir à Alex, c'est le mec-type qu'on peut rencontrer.
Il me prend réellement pour une pauv' fille. Il est sûrement très fier de son coup.

Franchement, je me demande ce que les autres peuvent penser des fois.
Ou alors c'est moi qui ai l'air naïve, mais j'en doute.

Le coup du mec sensible et complexé c'est hyper connu.
Je ne pense pas que si son problème physique serait véritable, il me l'aurait dévoilé dès notre première discussion.
Je ne pense pas non plus qu'il m'encourage dans ma prétention parce qu'il me trouve particulièrement apte à en avoir.

Je me lève d'un bond et regarde autour de moi. C'en est trop.
Mon but dans la vie c'est Shannen, je ferais tout pour la retrouver. Alors je n'ai pas le choix; il va falloir que je parte en Allemagne.
Mes VRAIES amies comprendront, elles ne m'en voudront pas.

Je sais très bien que ça ne va pas être une partie de plaisir mais la vie n'est pas non plus une source de bonheur, alors ça me va.
Ce n'est pas comme si j'avais besoin qu'on m'aime à tout prix au contraire, je m'attends toujours à ce qu'on me déteste; c'est pour ça que je suis surprise quand on semble m'apprécier.

Je reviens sur mes pas et sors de cette petite ruelle.
Mais, en passant à côté des conteneurs de poubelles verts quelque chose attire mon attention. Une sorte de tout petit bruit, comme un minuscule crissement de voiture à peine perceptible.

Je me stoppe net. Je tends l'oreille.

Le son est certes très faible, mais aussi vraiment persistant.
Je contourne la poubelle qui est là depuis au moins deux ans si j'en juge par l'odeur et regarde derrière. Plus je me rapproche, plus le son se fait fort.
Je devrai peut-être avoir un peu peur mais je n'éprouve qu'une curiosité grandissante.

Je découvre la cause du bruit dans ce qui a dût autrefois être une boîte en polystyrène mais qui ne ressemble plus à grand chose aujourd'hui.

La minuscule boule noire recroquevillée sur elle même émet des petits cris de désespoir car elle sait que si personne ne l'entend c'en est fini d'elle.
Ne t'inquiète pas petit machin, tu es sûrement né sous une bonne étoile, même si moi, je ne vois pas se que je peux bien avoir de bon [pas de pensées perverses s'il vous plaît!].

J'enlève ma veste en cuir et le haut que je porte.
J'avais troqué ma robe contre un sweat-shirt Sum 41, un groupe de rock que j'aime bien, juste avant d'aller en boîte.

Oui mais bon voilà, je suis en soutif maintenant et c'est pas l'idéal parce que je me la caille et que je pourrai faire des rencontres pas très sures et habillée en jean/soutien ça va pas le faire.
Alors je laisse tomber mon haut par terre et remet ma veste.
Après avoir refermer la fermeture éclair, je saisis mon sweat qui se trouve sur le sol et m'approche de la boîte, le tissu encore chaud en main.

Je saisis le petit chaton avec et lui enroule plusieurs fois mon haut mauve autour de lui.

Il est tout maigrichon, en plus il tremble tellement qu'on dirait la machine à laver en plein mode "essorage"!

Cette journée n'aura pas été complètement inutile finalement...

De retour à la maison je rentre dans ma chambre.
L'autre n'est pas là, elle doit sûrement se faire sauter par le voisin d'à côté. Tant mieux pour elle.

Je dépose mon "paquet" sur le lit et farfouille dans mes affaires. Après avoir dénicher un panier en osier, je le garnis de vieux vêtements que j'ai achetés à "action solidaires".

Je ne comptais pas les porter, c'était juste pour me débarrasser de billets un peu... "sales". J'aurai aimé dire que c'était par charité mais je mentirai.
Bref, je ne vais pas m'attarder sur quelques malheureux bouts de tissus durant des siècles, surtout que j'ai déjà fait des choses bien pires...

Bon maintenant, il faut que je trouve ces putains de trucs.
Je suis (presque) sure qu'ils sont quelque par sous mon lit. Ah! Les voilà. Je tire les deux machins difformes en caoutchouc de sous mon matelas, ces trucs préhistoriques appelés "bouillottes".
Je les remplis d'eau chaude et les glisse entre les tissus.

J'ouvre mon sweat et prends la boule de poil dans mes mains. Elle tremble encore beaucoup, et je ne sais pas si c'est de peur ou de froid.
Je la place dans son panier et elle se blottie instantanément contre les bouillottes. En plus de réchauffer, ça doit lui rappeler la chaleur de sa mère, j'ai lu ça je sais plus trop où.

Quand même, quel destin!
Il a fallut que je passe quelque part où je ne suis jamais allée au moment même où un petit chat allait mourir.

Ironie du sort sans doute, je fais crever ou s'éloigner tous ceux qui me sont proches alors que je sauve les vies des autres qui n'ont à priori aucun rapport avec moi.

C'est possible de se faire chier soi-même?

Je regarde mon protégé, qui s'est endormi, roulé en boule. Il ne doit pas avoir plus de trois semaines, il est tout petit. je sais que ça ne boit que du lait à cet âge là.
D'ailleurs je ne sais même pas si c'est une femelle ou un mâle. C'est pas grave, ça pourra attendre.

Je regarde ma chambre, à la recherche d'un quelconque objet qui pourrait m'indiquer l'heure, jusqu'à ce que je me souvienne que je n'ai pas de montre, de réveil, ou tout autre chose qui me rappelle le temps, pour la bonne raison que je déteste ça.

C'est officiel, je me fais chier moi-même.

Après un long soupire je m'allonge sur mon lit, enlevant d'abord mes bottes en (faux) cuir à talons. Je saisis mon portable et compose un numéro qui m'a souvent servi. Je tombe sur la boîte vocale:


"Bonjour, vous êtes bien à la clinique vétérinaire Vetland, nous ne sommes pas ouverts pour le moment, mais nous vous recontacterons dès que nous recevrons votre message, que vous pouvez laisser après le bip sonore"...


Rose:C'est moi, il me faudrait deux biberons pour chaton, une pipette, du lait spécial "sevrage" et des petits trucs pour amuser un chat qui a quelques semaines. Passe chez moi dès que tu reçois ce message, c'est urgent.

Ah tiens, il doit avoir l'heure sur mon portable! Pas con!

4h17. Je me disais aussi que je commençais à fatiguer. Je me tortille pour me retrouver sous les couvertures.

Une journée (et une nuit) épuisante + une averse de mauvaises nouvelles = gros dodo.

Eh ben c'est ce que je fais, et je ne tarde pas à me sentir glisser dans le monde des rêves. Du moins c'est ce que je crois jusqu'à ce que des vibrations hyper puissantes me réveillent en sursaut.

Un bruit étrange s'élève soudain...

# Posté le dimanche 06 avril 2008 15:45

Modifié le mardi 08 juillet 2008 09:52

Chapitre23

Chapitre23
Un bruit étrange s'élève soudain...

J'essaye d'ouvrir les yeux mais mes paupières sont beaucoup trop lourdes. Je me concentre alors sur le son inhabituel que j'entends

Après de nombreux efforts (bah wai mon cerveau est tout embrumé) je parviens à reconnaître et à localiser ce bruit.
On dirait un crépitement de feu mais en deux fois plus puissant que la normale. Ça vient de derrière moi, j'en suis sure.

Une minute, depuis quand il y a du feu naturel chez moi?

Comme je n'arrive toujours pas à soulever mes paupières j'essaye de me redresser en m'aidant de mes coudes.
Mais je sens quelqu'un me rallonger de force et me dire d'une voix masculine et profonde:

...:Reste allongée, ne t'inquiète pas, tu es en sécurité.

Et, je ne sais pour quelle raison, je le crois.

Mes membres se détendent instantanément, me faisant sentir le poids d'une couverture sur mon corps.

Cette voix... où l'ai-je déjà entendue?
Elle me dit vaguement quelque chose, comme si elle appartenait à une personne qui m'a récemment.

Le son lointain de quelqu'un qui s'active près de moi me parvient. Dans un ultime effort, je me concentre et arrive enfin à ouvrir les yeux.
Ils me picotent mais me laissent entrevoir un peu de ce qui se trouve autour de moi.

Après plusieurs battements de cils, je parviens à distinguer les contours d'une pièce sombre et vide, d'une table de chevet posée près du canapé où je suis allongée avec divers objets dessus et d'une cheminée en marbre qui crépite et crache des braises comme si sa vie en dépendait. Le son qu'elle procure est doublement amplifié par l'écho de la salle.

Je tourne la tête pour regarder devant moi et aperçois une silhouette noire bouger devant le cadran de la fenêtre, laissant traverser quelques rayons d'une lune presque pleine.

Et je le reconnais enfin, ce type au ton si pénétrant.


Rose:Le blond..., je murmure d'une voix à peine audible.

Il rit.

Spike:C'est comme ça que tu m'appelles dans ta tête?

Je me redresse difficilement et ajuste les coussins derrière mon dos.

Spike:Ne bouge pas trop, tu risquerais de te faire mal.
Rose:Qu'est-ce qui m'est arrivé?
Spike:Bah... on était sur le toit, tranquilles, et soudain tu tombes dans les pommes.
Rose:...

C'est comme un déclic, je me souviens de tout d'un coup. Et surtout que...

Rose:...je suis en train de rêver.
Spike:Pardon?

Je relève ma tête vers lui pour dire plus fort:

Rose:Bah wai... c'est qu'un rêve. T'es ma conscience?
Spike:Euh...non.
Rose:T'es mon ange gardien?
Spike:Pas que je sache.
Rose:Bah alors t'es qui?
Spike:Je m'appelle Spike, je te l'ai dis tout à l'heure.

Je le regarde en fronçant les sourcils.
Mais tout d'un coup c'est l'illumination. Il se rend pas compte qu'on est dans un rêve! Pour lui tout est réel.

Je vais faire comme si c'était réel pour moi aussi, parce qu'il a l'air gentil.


Rose:Euh...oublie ce que je viens de dire, je suis parfois bizarre.
Spike:J'avais remarqué.

Il me dit ça avec un de ces sourires, oh putain! Je me sens fondre comme du beurre au soleil.

La terre à la lune, la terre à la lune, allô! Ressaisis-toi Rose, ressaisis-toi!

Je fais comme si de rien n'était et lui demande:


Rose:On est où ici?
Spike:C'est un vieux château abandonné par ses propriétaires.
Rose:Euh... plus précisément? Je veux dire, dans quelle ville?
Spike:Nous sommes à Caen dans le Calvados mademoiselle, un département qui se trouve en Basse-Normandie, région qui se situe au Nord-Ouest de la France métropolitaine, pays Ouest d'un continent nommé Europe, lui-même se trouvant sur une planète appelée "Terre", planète tournant obliquement sur elle-même, possédant une lune et étant elle même la lune d'une étoile couramment appelée soleil. Est-ce assez précis pour vous votre majesté?
Rose:T'as oublié la galaxie, valet.
Spike:Excusez-moi votre grandeur, nous nous trouvons actuellement dans la galaxie de la Voix Lactée votre seigneurie. Sa sublime altesse désire-t-elle autre chose?
Rose:Non domestique vous pouvez disposer.

Spike éclate de rire. Un rire franc et sonore, qui résonne à cause de l'écho.

Un rire sincère.

Un rire d'enfant.


Spike:T'es trippante, toi! Au fait tu viens de quelque part ou t'es tombée du ciel?
Rose:Qui sait? De toute façon, qu'est-ce que ça peut faire?
Spike*haussant les épaules*:Si t'as pas envie, te force pas à me le dire.
Rose:Je comptais pas le faire. Mais n'y vois rien de personnel, c'est juste que j'aime pas parler de moi.
Spike:A ta guise. Un autre sujet ne me dérange pas, tu sais.
Rose:Tant mieux. Raconte moi plutôt pourquoi tu es ici. Cet endroit te semble familier, explique moi la raison.
Spike:Disons qu'entre ce château et moi, c'est une longue histoire...
Rose:Pourquoi il est à l'abandon?
Spike:Les propriétaires s'en fichent pas mal. Pour eux le château c'est juste histoire de dire qu'ils en ont un, ça fait style.
Rose:Du gâchis.
Spike:Je te le fais pas dire.

Une minute de silence s'écoule, chacun plongé dans ses pensées.

Rose:T'habites ici ou tu viens quand ça te chante?
Spike:Un peu des deux.

Comme je hausse le sourcil gauche (j'arrive pas à le faire avec le droit) il répond à mon interrogation inavouée:

Spike:En fait, ce sont mes parents qui possèdent ce château. Ils n'aiment pas que je vienne mais je le fais quand même.
Rose:Scorpion?
Spike:Hein?
Rose:Ton signe astrologique. Scorpion?
Spike:Non, c'est...
Rose*le coupant*:Nan laisse moi trouver tte seule. Hum... lion?
Spike:Oui, chuis né en août.
Rose:Et moi en février, je suis verseau, merci de me l'avoir demandé.
Spike:Mais de rien.

Big smile.

Spike:Au fait, d'où est-ce que tu m'as dis que tu venais, déjà?
Rose:Habile tentative pour en savoir un peu plus sur moi, mais c'est raté.
Spike:T'es vraiment impossible, on te l'a déjà dit?
Rose:Oui, j'ai ma dose d'insultes tous les jours, te fais pas de bile.

Il semble penser qu'il a fait une connerie parce qu'il me dit:

Spike:Euh... désolé, je voulais pas... c'était juste une expression...
Rose:T'inquiète, chuis habituée.
Spike:Justement. Excuse moi, chuis super con des fois.
Rose:Mais arrête de t'excuser, c'est pas comme si ça m'avait touché!
Spike:Peut-être, mais on doit assez te faire chier comme ça, t'as sûrement pas besoin que quelqu'un d'autre vienne t'emmerder, surtout que j'ai pas l'habitude de juger les gens comme ça.
Rose:Ecoute, je t'excuse si ça te fais plaisir mais par pitié arrête de me demander pardon, je vais considérer que t'as rien dis.
Spike:Ok, je pense que c'est mieux.

Re Big smile.

Rose:Eh bah c'est mieux comme ça! Tu es mieux quand tu souris.
Spike:Tu pourrais sourire aussi, je crois pas que tu l'ais fais une seule fois depuis que tu es arrivée.
Rose:Non, je souris jamais.
Spike:Pourquoi?
Rose:Il y a trop de choses horribles pour que je puisse sourire, ça serait pas sincère.
Spike:T'es pas obligée de porter la douleur du monde, tu sais.
Rose:T'inquiète pas pour ça, ma propre douleur suffit amplement.
Spike:C'est quoi, ce qui t'es arrivé?
Rose:Et au fait, t'es hétéro?
Spike:J'adore trop comment tu changes de sujet, ça passerait presque inaperçu.
Rose:Je t'apprendrai. Mais t'as pas répondu à la question.
Spike:=) Chuis effectivement hétéro.

Il regarde avec incompréhension mon air soupçonneux.

Spike:Quoi?
Rose:Nan rien, c'est juste que... enfin c'est bizarre que tu sois pas gay.
Spike:o__O' Je te suis plus.
Rose:T'es plutôt pas mal, t'as l'air sympa, sensible et prévenant. Les mecs font généralement ressortir leur côté macho. T'es sûr que t'es pas pd? Même pas bi?
Spike:Euh...ouais j'en suis sûr -__-'.
Rose:Même pas un tout petit peu?
Spike:Je le saurai quand même!
Rose:Juste un tout petit petit peu de rien du tout?
Spike:Mais non merde! J'ai rien contre les homos mais moi chuis 100% hétéro et j'aime les meufs!
Rose:T'énerve pas c'était juste une question ^__^.
Spike:Pff... Tes soûlante avec tes questions!
Rose:Roh, c'est pas la peine de te mettre dans tous tes états!
Spike:Ouais, ouais... T'as quel âge?
Rose:16 ans, bientôt 17.
Spike:17 et demi.
Rose:Je te l'ai pas demandé.
Spike:Je sais mais j'allais pas attendre que tu le fasses. =D
Rose:-__-' Tu souris toujours toi.
Spike:C'est plus sympa :D.
Rose*si ça continue il va m'aveugler*:Si tu le dis.

Je jette d'un coup sec -comme à mon habitude- la couverture, qui tombe sur le bord opposé du canapé.

Précautionneusement, je me lève, encore un peu sonnée et je m'étire comme un chaton. Je me laisse ensuite retomber lourdement sur le divan, où le blond me rejoint, assis en tailleur.


Spike:C'est quoi ton groupe sanguin?
Rose:AB négatif, pourquoi?
Spike:Pour voir si je pouvais te donner mon sang si jamais il t'arrivait d'en perdre beaucoup.

Je m'apprête à lui demander ce qui lui fait penser que je vais perdre une grande quantité de sang bientôt, mais la réponse est venue d'elle même.
Parce que, sans signes avant coureurs, il saisit mon bras gauche et le retourne légèrement, de manière à ce que ma paume soit tournée vers le plafond.

Il se met alors à faire des allers-retours sur ma peau, allant de l'intérieur de mon coude à mon poignet.

Son doigt ralentit à chaque fois qu'il rencontre une de mes blessures. De cette façon, mes entailles lisses et profondes semblent être plus démarquées, elles ressortent plus.

Je lève la tête vers le blondinet, qui me regarde d'un air sombre.


Rose:Eh bah, je vois que tu m'as bien observé pendant que je dormais.
Spike:Ce n'est pas ce que tu crois. En te posant sur le canapé, tu as changé tes bras de position.

Après un long silence, je finis par le regarder et lui dire.

Rose:Et alors?
Spike:Et alors je vois pas à quoi ça t'avance de faire ça.

Je soupire.

Rose:Tu n'as jamais rencontré quelqu'un d'autre qui se mutile, non?
Spike:Jamais.
Rose: Ça se voit.
Spike:...

Mes cicatrices semblent le troubler plus qu'elles ne devraient.

Spike:Et tes amis?
Rose:Quoi mes amis?
Spike:Ils disent rien?
Rose:Que veux-tu qu'ils disent? C'est vrai, ils sont contre que je fasse ça mais quand je désire quelque chose rien ni personne ne peut m'empêcher de l'avoir ou de l'accomplir. En plus c'est mon corps, je suis la seule à avoir une autorité dessus.
Spike:Moi si j'étais ton ami, je t'empêcherai de le faire.
Rose:C'est mignon mais irréaliste. Tu vas vite te rendre compte que le caractère que j'ai me rend incontrôlable.
Spike:Mais tu pourrais mourir!

Je hausse les épaules.

Rose:Assez parler de moi, je n'aime pas quand on s'éternise sur ma personne.
Spike:Promets-moi d'arrêter.
Rose:Non.
Spike:Pourquoi?
Rose:Parce que c'est une des rares choses qui me soulage, alors je suis pas prête d'arrêter. Fais moi visiter le château.
Spike:C'est un ordre ou une question?
Rose:Un peu les deux.
Spike:Alors d'accord.

Il me tend une robe de chambre grise en laine et capitonnée, qui était sur le canapé quelques secondes plus tôt.

Spike:Tiens, met ça, tu vas avoir froid vu comment tu es habillée.

J'enfile la robe de chambre et fais le noeud à ma ceinture.

Spike me devance et je m'apprête à le suivre lorsqu'un frisson, tout de suite suivi d'un vertige, me traverse.

Comme je ne lui emboîte pas le pas, le smileur se retourne et me demande:


Spike:Ça va ?

Je m'apprête à lui répondre de bouger son petit cul mais un violent spasme me parcoure et je me sens tomber sur le canapé.
Les pas lointains de Spike qui court vers moi me parviennent mais c'est comme si je ne les entendais pas.

Je me réveille soudain en sursaut, les mains moites et le souffle court.

Les rayons du soleil traversent ma fenêtre pour venir mourir sur mon lit, en plusieurs faisceaux lumineux.

Et cette même impression que la nuit dernière, une sensation d'abattement total m'envahie. En clair, je suis blasée.
Je me concentre et essaye de me rappeler ce qui vient de m'arriver... et soudain, l'image d'un blond angélique me revient en mémoire.
Putain, j'ai encore rêvé de ce type. Deux nuits d'affilées, je fantasme ou quoi?

Un petit bruit me tire de mes réflexions de quasi morte vivante.
Je regarde en face de moi, et vois un machin noir brailler et essayer de sortir de son panier.

Eh! C'est le petit chaton que j'ai trouvé hier!
Tiens, tiens, est-ce qu'Ethan m'a rappelé, après le message que je lui ais laissé? Apparemment oui, parce que mon portable affiche: Vous avez reçu 1 message vocal.


"Salut, Rose, Joyeux Noël, même si c'est demain. Je viens de recevoir ton message à l'instant sur mon répondeur, je te livre tous ça au maximum dans une heure. Euh...maintenant il est 10h30. Enfin bref, je crois que c'est tout. J'assure mon cours à la fac de midi à tard le soir, je ne serai pas joignable avant 18h00 ou 18h30. Euh...je crois que c'est tout. Si jamais tu as besoin de moi tu sais où me joindre. Euh...est-ce que je t'ai souhaité un Joyeux Noël? Eh bah... euh... alors joyeux noël, même si c'est que demain. Au plaisir, petite puce."

Tut...tut...tut...

Ethan est le propriétaire de Vetland, un des deux magasins où je travaille. C'est un type très gentil, bien que renfermé.
Il me fait un peu penser au professeur Lupin dans Harry Potter, mais plus jeune et sans être un loup garou.

Je regarde mon portable et m'aperçois qu'il est 12h45. Le chaton commence à s'agiter alors je balance ma couverture et descends rapidement à l'étage inférieur. Coup de chance, l'autre folle n'est pas là. Je regarde un peu partout et repère le panier qui m'est destiné sur le plan de travail, l'attrape et remonte en courant dans ma chambre.

20 minutes plus tard, le petit chat est rassasié, nettoyé et endormit dans des couvertures propres et chaudes.

Et moi je suis habillée devant mon armoire, en train de balancer des vêtements dans une valise noire ouverte sur mon lit.
Mon portable sonne soudain, et je jette un de mes jeans noirs dans la valise pour répondre.


Rose:Allô.
Gaby:Allô Rose? Tu devineras jamais!
Rose:Je pars en Allemagne.
Gaby:En fait j'étais... tu quoi?!
Rose:Je pars en Allemagne.

Pourquoi personne ne comprend ça dès la première fois?

Gaby:Pourquoi?
Rose:Je suis obligée, c'est l'autre déglinguée qui veut que j'aille chez sa soeur.
Gaby:Pour quoi faire?
Rose:Paraît que c'est mieux pour mon éducation.
Gaby:Que dalle! L'excuse de merde!
Rose:Comme tu dis.
Gaby:Je me ramène chez toi avec Andréa et Morgane dans deux minutes, bouge pas.
Rose:Si tu veux.

Tut...tut...tut...

Je soupire, envoie bouler le reste de mes habits dans la valise, lui boucle sa fermeture éclaire et sors mon portefeuille que je mets dans la poche arrière de mon jean.
Je prends le petit chat endormit dans mes bras et descends dans le salon.

Il faudrait que je pense à lui trouver un nom un de ces jours.

Arrivée en bas, je pose la boule de poils sur le canapé et passe derrière le plan de travail, afin de sortir des cookies et de la smirnoff.

Des voix se font entendre dehors et on frappe violement à la porte.


Rose:C'est ouvert, je déclare en apportant la bouffe sur la table basse.

3 furies entrent en trombe dans la maison.

Andréa:T'es là!
Rose:Oui.
Morgane:C'est quoi cette histoire, tu vas partir?
Rose:Oui.
Gaby:Et tu restes calme comme ça?
Rose:Oui.
Gaby:Putain arrête de dire oui et explique nous ce qui se passe!
Rose:Asseyez-vous et prenez une smirnoff.

Les filles s'exécutent, abattues et prennent chacune une smirnoff sauf Andréa, qui se rabat sur les cookies.

Rose:Eh bah voilà, ma tutrice se ramène hier -enfin aujourd'hui super tôt- et me sort que je suis trop instable et tout le bla bla habituel, alors elle a décidé de m'envoyer vivre chez "ma tante" en Allemagne parce qu'elle pense que ça pourrait améliorer mon caractère ou un truc dans le genre.
Andréa:N'importe quoi...
Gaby:Ce qu'il ne faut pas entendre...
Morgane:Et toi tu acceptes de partir comme ça, sans te rebeller ni rien?
Rose:Pourquoi pas?
Morgane:On se connaît depuis trop longtemps pour savoir que tu n'aurais jamais accepté ça en temps normal. Qu'est-ce qu'il t'arrive?
Rose:Il m'arrive que si je refuse, l'autre conasse ne dira sûrement pas à Shannen se qu'il s'est passé, et elle n'arrivera pas à me retrouver.

Morgane se mord la lèvre. Gabriella regarde ailleurs et Andy tortille nerveusement ses mains. Je sais qu'elles pensent toutes que Shannen est morte mais à vrai dire, je m'en fous.

Ce n'est pas leur jumelle à ce que je sache.


Morgane:Rose...

Rose*élevant la voix*:Tiens, donne ça à Thierry, je les lui dois.

Elle saisit les billets que je lui tends et me dis:

Morgane:Qu'est-ce que...
Rose:C'est ma note à la boîte de nuit.
Andréa:T'as dépensé tout ça en une nuit?!
Rose:Nan, t'es malade! C'est additionné avec la note de l'ancien bar où travaillait Thierry.
Gaby:Au fait Rose, tu l'as eu où ce chaton?
Rose:Je l'ai trouvé hier.
Andréa:Je veux pas que tu paaaartes!!!!
Rose:Moi aussi je veux pas partir ma chérie, mais je suis obligée. Je compte sur toi pour me venger *clin d'oeil*.
Morgane:Et tu pars quand?
Rose:Ce soir.

Gaby crache la smirnoff qu'elle avait une seconde plus tôt dans sa bouche sur le canapé. Mais elle n'a pas l'air de s'en soucier le moins du monde.

Gaby:Ce soir?
Rose:Ce soir.
Morgane:Ce soir!
Rose:Ce soir.
Andréa:Ce soir?!
Rose:Ce soir. Vous voulez peut-être que je le répète encore une fois au cas où vous n'auriez pas bien compris?
Gaby:Pourquoi tu ne nous le dis que maintenant?!
Rose:Parce que je l'ai su il y a 1/2 heure, ma tutrice m'a laissé un mot sur un panier contenant des affaires à moi. Bref écoutez. Comme vous allez rester ici et que moi je suis obligée de partir, il va falloir que vous régliez quelques unes de mes affaires.

Andy se met soudainement à pleurer.

Rose:Andy!
Andréa*se jetant dans mes bras*:J'veux pas que tu paaaartes!
Rose:Moi non plus je ne veux pas mais t'inquiète pas, ça sera juste un an.
Andréa:Mais c'est long un an!
Rose:On se verra pendant les vacances, et je pourrai sûrement obtenir l'autorisation de venir certains week-end.
Andréa:Mais c'est pas pareil que si tu étais toujours ici!
Rose:Oui, mais on s'en sortira, tu verras. Il faut être forte.
Andréa*se rasseyant*:Ouais, mais moi je suis pas comme toi, c'est difficile d'être forte.
Rose:T'inquiète...

Andréa est à peu près la seule personne avec laquelle je parle plus ou moins gentiment, parce qu'elle est extrêmement sensible et facilement blessable.

Morgane:Câlin collectif!

Tout le monde approche pour se prendre dans ses bras; c'est la foire.

Morgane:Alors comme ça, tu pars pour de bon...
Rose:Wai...
Gaby:Comment on va faire pour le groupe?
Rose:Vous avez qu'à trouver une autre chanteuse et...

Cris de protestations.

Gaby:T'es malade ma pauv' fille!
Morgane:Hors de question, n'y a que toi pour trouver des solutions aussi merdiques!
Andréa:Moi je ne jouerai de la guitare pour personne d'autre, c'est clair?
Rose:Vous voyez une meilleure solution?
Morgane:Wai, on met le groupe en suspend un certain temps et on reprend à chaque fois qu'on se voit.
Andréa:Ouais, les Angels of the shadows, c'est forever! ^__^
Gaby*qui ne parle pas un mot d'anglais*:Comme tu dis.
Rose:Très bien. Je vous enverrai à chacune un e-mail pour vous dire ce qu'il faut que vous fassiez pour moi, une fois que je serai partie.
Morgane:Mais ne nous embarque pas dans des trucs merdiques genre dealing ou je sais pas quoi.
Rose:T'inquiète...
Morgane:Si justement, je m'inquiète, te connaissant.
Rose:T'inquiète...
Morgane*soupire*:...
Rose:Bon eh bah... autant vous le dire tout de suite: j'arrête les cours.
Morgane:Rose, si tu pouvais éviter de nous foutre plusieurs nouvelles chocs en même temps ça nous arrangerait tu vois...
Gaby:o__O
Andréa:Qu'est-ce que tu vas faire comme métier alors, avec juste un brevet et un an et demi d'études au lycée?
Rose:Je vais prendre des cours par correspondance.
Morgane:Ta tutrice te l'a dit?
Rose:Dans le mot qu'elle m'a écrit.
Gaby:T'en as d'autre des nouvelles comme ça?
Rose:Je me suis disputée avec Logan.
Morgane:J'écoute plus, j'écoute plus la la la la laaaa!!!!
Gaby:Je pense que Morguy va faire un arrêt cardiaque.
Andréa:Pourquoi tu t'es disputé avec lui? T-T.
Rose:'Compliqué...
Gaby:Je vois...
Andréa:Qu'est-ce que tu vois?
Gaby:Rien du tout je me la pétais, juste pour faire genre la-meuf-qui-comprend-tout-sans-qu'on-lui-explique.
Andréa:XD.
Morgane:Je crois qu'il n'y a rien de pire comme nouvelle, il n'y a plus de risque que tu nous sortes un plan bien foireux Rose.
Rose:Tu te trompes.
Gaby:Putain, c'est pas vrai!
Rose:Si.
Andréa:Vas-y, dis.
Rose:Je dois aller en Allemagne, chez la soeur de ma tutrice, qui se trouve être la mère d'un connard, le même connard à qui je souhaite qu'il arrive toute la merde du monde, j'ai nommé mon putain de cousin adoptif.

Silence.

Morgane:Non!
Rose:Si.
Gaby:Elle t'envoie... chez lui?
Rose:Exactement.
Andréa:Oh putain de bordel de merde!

Sa phrase résume parfaitement bien la situation.

Morgane:Connecte-toi sur MSN le plus souvent possible, il faut qu'on t'aide.
Gaby:Ouais, c'est la guerre!
Andréa:Même Britney a jamais été à ce point dans la merde.

Andy adore Britney Spears.

Rose:Je crois que...

Mais je suis tout de suite coupée par...

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Excusez du retard, je n'ai pas pu poster la suite pour cause de buggage de clavier (merci à ma voisine, informaticienne dans l'âme).

Bon, les choses commencent un peu à s'éclaircir.

GRANDE NOUVELLE: TH AU PROCHAIN CHAPITRE !!! (Il était temps!).

Je vous pose quelques questions:


-Qui est le type que Rose hait à ce point?
-Comment est-ce que je pourrais appeller le petit chat? (manque d'inspiration total pour le nom)
-Quel est le réel secret qui entoure le mystérieux personnage de Spike?
-Pourquoi Logan conseille-t-il a Rose d'aller en Allemagne, puisque lui aussi croit en la mort de Shannen?
-Pourquoi Rose change tellement de comportement dans sa tête quand elle est toute seule (ex: ce qu'elle pense d'Alex quand elle le rencontre puis ce qu'elle pense de lui quand elle est seule) ?
-Qu'est-ce qui fait que Rose rêve de Spike fréquemment?
-Quel est votre personnage préféré et pourquoi?

Pour vous booster, chaque réponse correcte (proposition pour les questions n°2 et 7) sera récompensée d'un com (je suis tellement généreuse! Ok ma gueule, ma gueule...).
Et n'hésitez surtout pas à me dire ce que vous pensez de ma fic (les critiques ne me dérangent pas du moment où elles ne sont pas injurieuses).

J'ajoute juste que contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne fais pas la chasse aux coms, seulement j'aime savoir ce qu'on pense de ce que j'écris, ça booste pour publier la suite. Aller, gros bisoux les miss, à bientôt j'espère!

Electra

# Posté le mercredi 23 avril 2008 14:14

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 04:01