Tout à coup une sensation de faiblesse m'assaille et je perds l'équilibre. Spike me rattrape mais je pars déjà loin... et je me réveille haletante, pleine de sueurs froides.
Un rêve, ce n'était qu'un rêve! Un rêve d'une réalité inimaginable cependant. Mes mains sont fermement agrippées aux couvertures, il fait noir, aucune source de lumière n'émane de nul part. Un sentiment indescriptible m'habite, une sensation étrange que je ne peux déterminer.
Pensant à des choses plus terre-à-terre et je regarde ma montre. Oui mais le hic c'est que je n'en ai pas. La notion du temps m'horripile, me rappelle à quel point la vie est courte. Evidemment, sur la table de nuit, là où devrait trôner un réveil comme dans la chambre de toute adolescente qui aurait besoin de l'heure, le vide lui fait place grâce à mon incorrigible phobie du temps.
Alors je glisse lentement de mon lit et les couvertures tombent. Peu importe. Marchant pieds nus sur la moquette, je me dirige dans un silence angoissant vers la cuisine à l'étage inférieur, où il fait tout aussi sombre.
Le tic-tac de l'horloge murale me nargue tandis que je cherche à tâtons l'interrupteur introuvable.
Finalement, après une recherche de plusieurs dizaines de secondes je le démasque et appuie dessus. Aussitôt je détourne les yeux et passe un temps indéterminé à attendre qu'ils s'habituent à la lumière environnante.
Un coup d'oeil au monstre qui raccourcit nos vies chaque seconde un peu plus m'indique qu'il est deux heures trente du matin. Demain je n'irai pas en cours, un sentiment écoeurant s'est emparé de ma cavité buccale et je me doute qu'il y restera un bout de temps. Ce rêve est empli d'effets secondaires on dirait, je ne pense pas être capable d'affronter une journée écrasante de plus. Je fais basculer une nouvelle fois le bouton magique, et refais le chemin en sens inverse jusqu'à revenir dans ma chambre.
Un mélange de désespoir et de lassitude s'est emparé de moi depuis mon réveil et ne semble pas enclin à vouloir me quitter de si tôt. Une fois la porte fermée à clé, je me glisse lentement dans mon lit. Mes membres engourdis et glacés me font mal et m'empêchent de respirer profondément. Pourtant je laisse Morphée venir me caresser les cheveux et m'apporter un nouveau sommeil sans songes...